Tout d'abord l'histoire : simple, héroïque, furieuse. Au Moyen-Age, un village de paysans japonais, rackettés par une troupe de brigands (ils doivent fournir la plus grande part de leur récolte pour satisfaire l'appétit de ces voleurs), décide de prendre son destin en main, de se battre pour sa liberté et de reconquérir la paix.
Pour cela, malgré d'immenses difficultés dûes aux différences sociales, à l'esprit de caste et au mépris du Guerrier pour le Paysan, l'envoyé du village recrute 7 samouraïs. Ceux-ci transformeront villageoises et villageois en soldats. Au terme d'un combat particulièrement violent, ils vaincront éliminant les parasites qui leur dévoraient leur gagne-pain.
Puis la manière de la filmer : au-delà des péripéties du recrutement (avec la magnifique scène où le samouraï maître de son art tue en duel un homme emporté, vindicatif et sûr de son fait), des premières passes d'armes (la scène de la cascade) et de la vie du village, il y a ce grand moment lyrique, exaltant et violent : l'attaque sous la pluie. Jamais un cinéaste n'était arrivé à ce point de perfection dans la mise en scène et en pellicule d'un tel affrontement. Mouvements de groupes, luttes individuelles, chevaux au galop, l'oeil saisit tout d'un seul tenant;
Ensuite les personnages : archétypiques, leurs caractères, leur fonctionnement respectif les uns par rapport aux autres, leur psychlogie créee le lien indispensable à la tenue du récit.
Enfin : le sens esthétique. Kurosawa saisit, dans toutes les temps du film, la beauté des gestes, des mimiques, des courses, des emportements et des cavalcades.
Ce film crée par la volonté d'un homme contre les peurs des Studios, est une ode au courage, un hommage à la fraternité des femmes et des hommes unis dans une même cause, un chant de guerre victorieux.
Avec "Les Sept Samouraïs" Kurosawa nous a donné une fresque chevaleresque et une oeuvre d'art. Seul un talent exceptionnel pouvait réussir un tel mélange.