Akira Kurosawa a tourné en 1954 ce film en noir et blanc d'une durée de plus de 3 heures; 9 ans après la fin de la seconde guerre mondiale qui consacra la défaite du Japon.
Ce réalisateur est immense de talent.
Il est le porte drapeau de la Liberté, de l'esprit de Résistance contre l'injustice d'un désordre établi avlissant l'humanité. Cet homme est un génial promoteur du code de l'honneur au service de l'autre, du petit, du misérable, du faible, en fin de compte de soi.
Quel talent !
L'histoire se déroule au 16° siècle dans un Japon ravagé par la guerre civile. Un village de paysans est régulièrement rançonné. Ayant surpris une conversation entre brigands, un villageois la rapporte au village : les brigands au nombre d'une quarantaine ont décidé de venir piller de nouveau dès après la récole du riz, quelques semaines plus tard.
A la réunion du conseil "municipal", l'ancien relève la parole d'un homme épris de liberté : "nous nous battrons", contre le diktat du miséreux se plaignant "d'être né (en tant que paysan) pour souffrir".
La liberté ne soufre point d'exceptions. L'homme est digne. Quand sa dignité est méprisée, martyrisée, alors il a le devoir de se révolter.
Commence la quête des seigneurs de la guerre, les samouraïs, nécessaires à la défense du village en prévision de la prochaine razzia.
L'excellence des tableaux exposant les différences de castes (paysan / samouraïs), d'âges (les anciens / les jeunes), d'amour (les scènes amoureuses entre le jeune samouraï et la jeune paysanne sont d'une sensualité de grande poésie, forte, tragique, émouvante) ; plus encore, le respect des traditions (exprimé notamment dans le combat entre le samouraï perfectionniste et une brute) laisse à la Vie l'honneur d'exploser les barrières.
Ce film est grandiose. John Sturges en 1960, en copiant ce film dans ses "7 mercenaires" n'a pas seulement appauvri les "7 samouraïs" : il a violé son message.
Très grand chef d'oeuvre. Immense talent. Exceptionnel message. L'un des plus grands films de guerre que j'ai jamais vus.