Milan Kundera propose un recueil d'essais d'une lecture agréable et aisée, sans pédantisme, et dont le problème commun, posé à toutes les pages, est celui de la fidélité aux volontés d'un artiste: fallait-il trahir les dernières volontés de Kafka en détruisant ce qu'il demandait que l'on détruise? Pour aller plus loin, Kundera pose la question en d'autres termes: jusqu'où va la trahison d'un testament d'artiste, quand le même Kafka devient l'objet d'hagiographies et de sottises de toute nature, dues à la plume de spécialistes qui l'ont mal lu? La trahison, c'est aussi, bien sûr, la traduction: Kundera écrit deux chapitres lumineux sur celles de Kafka, mais aussi sur les droits des interprètes d'oeuvres musicales. On sort de ce recueil d'essais plus attentif à ce problème, qui est, finalement, celui de toute lecture et de tout commentaire d'une oeuvre d'art.