Qu'ajouter au brillantissime commentaire de LD (et aux autres textes qu'il a postés sur la désormais riche oeuvre de Nuri Bilge Ceylan) ?
Rassurons quand même les foules : s'il s'agit d'un cinéma exigeant, il ne s'agit pas d'un cinéma inaccessible. Il y a une histoire, avec un début, des développements et une fin. Et figurez-vous que cette histoire est même intéressante puisqu'il s'agit d'un argument de film noir. Le mari, un modeste chauffeur, accepte d'endosser la responsabilité d'un accident de voiture occasionné par son employeur. Pendant qu'il est prison, sa femme tombe amoureuse de ce même boss - mais le fils, un vélléitaire, l'apprend. Que croyez vous qu'il va se passer quand le mari aura purgé sa peine ? Sûrement pas ce que vous pensez...
Puis, évidemment, il y a la maestria déconcertante de la caméra de NBC. Cadres recherchés, lumières inouies, sens de l'espace : tout ce qu'on attend d'un grand metteur en scène. Quand il s'amuse à planter sa caméra sur les bords du Bosphore et à filmer les nuages, on atteint une beauté qui n'a guère d'équivalents dans le cinéma mondial actuel.
Le bougre est encore jeune et s'améliore de film en film (le cru 2011, "Il était une fois en Anatolie", est encore plus beau). S'il résiste aux menaces auxquelles ont succombé tant de ses prédécesseurs (narcissisme, auto-citation, auteurisme, mégalomanie), le ciel sera vraiment sa limite.