Lambil et Cauvin emmènent les Bleus dans le brouillard ! Ce nouvel album qui complète la série non moins mythique des Tuniques bleues offre toujours autant dhumour, de suspens, de rire et daventure aux lecteurs. Les tuniques bleues font bel et bien partie du patrimoine de la bande-dessinée. Et chaque rendez-vous bleu est attendu avec assiduité par les lecteurs en tout genre !
À pas feutrés dans le brouillard ! Sur Lookout Mountain, sest établi un camp de confédérés. Dans la vallée, les nordistes cherchent un moyen pour les déloger. Cest à ce moment que surgit le tandem Chesterfield et Blutch. Ils ont pour mission de transmettre une lettre au capitaine Hooker. Mais la nouvelle ne semble pas plaire à ce dernier qui rentre dans une crise dhystérie assez impressionnante ! Chesterfield et Blutch nen font pas grand cas et se préparent, à retourner vers leur camp ! Que diable ! Hooker nallait pas les laisser filer ! Ils sont réquisitionnés comme éclaireurs dans le camp ennemi. Mais cela ne va pas sans peine. Les confédérés les attendent de lautre côté de la rivière. Et lopération échoue ! Quà cela ne tienne, Hooker ne se laisse pas découragé pour autant. Le brouillard sabat sur la vallée et Hooker profite de cette intempérie pour mettre le cap sur la montagne
. Alors quil croit profiter du brouillard pour surprendre les confédérés, ses troupes se dispersent, se perdent et même se tirent dessus !
Raoul Cauvin : Scénario "Le divan, c'est mon outil de travail. Dans presque toutes les pièces de la maison il y en un, ou quelque chose qui lui ressemble." Raoul Cauvin, scénariste aux mille et une histoires, l'avoue humblement : il ne peut réfléchir correctement que lorsqu'il est allongé. Il ajoute : "D'ailleurs, je vous défie de penser les yeux ouverts !"
Né à Antoing le 26 septembre 1938, Cauvin est l'une des rares personnes à avoir suivi pendant cinq ans des études de lithographie publicitaire à l'Institut Saint-Luc de Tournai, pour découvrir en entrant dans la vie active que cette profession n'existait plus ! Suivent toute une série de petits métiers et notamment un emploi dans une usine de boules de billard, qui lui développe une véritable passion pour ce jeu sur tapis vert où l'on ne mise guère plus qu'une tournée générale.Il entre en 1960 aux Éditions Dupuis comme... lettreur (passage obligé s'il en est), puis devient rapidement caméraman au département dessins animés où il restera 7 ans. Durant ces années, il se découvre une autre passion : le scénario. C'est Charles Dupuis lui-même qui lui offre sa chance. Cauvin fait ses premières armes avec des collaborateurs internes de la Maison : Ryssack ("Arthur et Léopold"), Gennaux ("L'Homme aux phylactères", "Loryfiand et Chifmol"), Degotte, Carlos Roque et Vittorio. A ses débuts, il travaille avec une jeune dessinatrice parisienne : Claire Bretécher ! Leur collaboration donne naissance à une série intitulée "Les Naufragés". 1969 est l'année clef. Cauvin et Salvérius lancent leur propre western : "Les Tuniques Bleues", une bande dessinée d'humour sur fond de guerre de Sécession. A la mort du dessinateur, il propose la reprise de la série à Lambil qui la développera jusqu'aux hautes altitudes des best-sellers. Cette saga dépasse les quinze millions d'exemplaires vendus en français et fait l'objet d'innombrables traductions à travers l'Europe. Toujours responsable de la vieille machine Rank tirant les copies et travaux d'agrandissement ou de réduction pour les rédactions et les auteurs de passage, Cauvin est désormais au centre de la toile et, grâce à sa renommée grandissante, il se voit sollicité par tous les dessinateurs à court de scénario.Une série de succès s'amorce avec Berck ("Sammy" et "Lou"), Mazel ("Caline et Calebasse", puis "Boulouloum et Guiliguili" et "Les Paparazzi"), Macherot ("Mirliton"), Walthéry ("Le Vieux bleu"), Counhaye ("Les Naufragés de l'espace"), Lambil ("Pauvre Lampil"), Kox ("L'Agent 212"), Sandron ("Godasse et Godaille"), Bercovici ("Les Grandes Amours contrariées"), Nic ("Spirou et Fantasio"), Carpentier ("Les Toyottes"), etc. En parallèle, il écrit des scénarios pour les personnages de dessins animés de la Maison ("Musti", Tip et Tap", "Les Pilis") et leurs produits dérivés. S'il excelle dans l'aventure humoristique pour tous les publics et toutes les formes du gag visuel, il évolue dans les années 80 vers des productions plus incisives, proches souvent de l'humour noir et de la parodie délirante. Ainsi le veut sa nouvelle vague de dessinateurs : Bercovici ("Les Femmes en Blanc"), Hardy ("Pierre Tombal"), Glem ("Les Voraces"), Laudec ("Cédric" et "Taxi-girl"), Malik ("Cupidon"), Bédu ("Les Psy"), Carpentier ("L'Année de la bière", puis "Du côté de chez Poje"), Jean-Pol (la reprise de "Sammy" après le départ en retraite de Berck), etc. Rares sont les échecs : son imagination, la qualité de ses dialogues et le métier mis dans ses découpages qu'il livre complets à ses auteurs représentent une véritable mine d'or. Le grand public est assuré de toujours trouver sous sa signature un album populaire et agréable à lire. C'est un don et il est extraordinaire qu'il puisse l'exercer sur autant de séries parallèles, le contraignant à fournir la matière d'une bonne quinzaine de volumes par année, sans jamais la moindre baisse de régime! Cauvin adore chasser les idées comme d'autres les papillons, et comme il le dit lui-même, pourvu que ça dure...
Willy Lambil : dessin Né le 14 mai 1936 à Tamines, cest à lâge de 16 ans que Lambil est engagé aux Éditions Dupuis
comme lettreur, après avoir suivi un an détudes à lAcadémie des Beaux-Arts de Bruxelles. Grâce au frère de Joseph Gillain, Henri, qui habite à Tamines, il fait la connaissance de lauteur talentueux de Valhardi et Jerry Spring. Lambil se rappelle très bien dune anecdote qui fut le déclic de sa vocation : Tiens, mavait dit Jijé, dessine mes lunettes. Ce que jai fait ! En regardant le résultat, il a souri et a remarqué : ça, ce sont des lunettes, ce ne sont pas mes lunettes ! Belle leçon dobservation. Ladolescent apprend le métier sur le tas au bureau de dessin des Éditions Dupuis en effectuant de la mise en pages, des modifications aux bandes dessinées remontées pour la collection Gag de Poche, des petites animations ou des illustrations pour les magazines de la maison, tels que LES BONNES SOIRÉES. Avec lassistance de Henri Gillain pour le scénario de son premier récit, il devient enfin collaborateur régulier au journal de SPIROU, en 1959, avec les aventures dun jeune garçon et de son kangourou, Sandy et Hoppy. Sans jamais visiter lAustralie mais en se montrant dune authenticité de plus en plus affirmée grâce à la documentation rassemblée, il en réalisera vingt-cinq grands épisodes. En parallèle, il dessine quelques Oncle Paul et samuse parfois à composer des parodies de son univers particulier avec les fantaisies animalières du kangourou Hobby et de son ami Koala. En 1972, après le décès du dessinateur Louis Salvérius (Salvé), il reprend avec succès Les Tuniques Bleues, une série lancée en 1968 par celui-ci et le jeune scénariste Raoul Cauvin. Il se trouve ainsi en charge de la destinée graphique des deux truculents héros, Blutch et Chesterfield, chevauchant dans un milieu dont il ignore presque tout ! Que cela ne tienne : Lambil va se documenter et montrer une ténacité extrême pour réussir la gageure proposée. La mort dans lâme, il sera bientôt obligé dabandonner Sandy devant le succès croissant de sa nouvelle série. Dans le cadre de la rubrique Carte Blanche de SPIROU, Lambil et Cauvin esquissent en 1973 un personnage parodique et quasiment autobiographique : Pauvre Lampil. Le succès les contraint à en faire un début de série, qui dépeint la vie quotidienne (et les avatars) dun dessinateur de bande dessinée et de son entourage. Nombre danecdotes y sont plus quauthentiques ! Au fil des années, confie Lambil, cest devenu une sorte de bêtisier de tous les malheurs qui arrivent aux auteurs de chez Dupuis. Le malchanceux Lampil disparaîtra toutefois en 1995, après sept albums, étouffé par la demande croissante de nouveaux épisodes des Tuniques Bleues et leur immense succès : plus de quinze millions dexemplaires vendus chez Dupuis! Quasiment enchaîné à sa table à dessin depuis quarante ans, il a longtemps été un des dessinateurs les plus productifs de lhebdomadaire, réalisant près dune centaine de planches par an. Comme je travaille chez moi, je suis un paresseux culpabilisé. Cest pour ça que je travaille tous les jours. Le dimanche, je fais mes corrections. Lusine où je travaille, en fait, cest ma maison !