Comme chaque année, Lambil & Cauvin nous apportent leur nouvel album des Tuniques Bleues. S'il faut avouer une impressionnante ponctualité annuelle, il est parallèlement obligatoire d'avouer qu'au fil des années, la série est devenue bien insipide. Créés en 1968 (avec Salvérius au dessin à l'époque) nos amis de l'armée de l'Union, le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, se montrent vieillissant et ce malgré un dessin toujours aussi précis et affûté.
En effet, les scénarios des derniers albums sont de plus en plus mous et le lecteur a trop souvent l'impression d'acheter une bande-dessinée formatée pour vendre au plus de monde possible alors que le succès des "Tuniques Bleues" s'est clairement construit sur des histoires passionnantes, avec des répliques délicieuses entre les différents protagonistes, le tout mâtinée de la grande Histoire (en l'occurrence, le déroulement de la Guerre de Sécession).
Pour ce tome 55 où il est question de lien fraternel comme le titre le laisse entendre, l'histoire apparaît avoir été pourtant plus travaillée que dans les tomes précédents. Quelques flashbacks des meilleurs épisodes de la série viennent agréablement ponctuer le récit et on commence à espérer que ce tome sera enfin réussi. Puis surviennent les dix dernières pages qui précipitent la bande-dessinée dans une fin sans saveur alors que le scénario était parvenu à insuffler un véritable bol d'air sentimental et comique.
Le lecteur termine donc déçu, encore une fois, des aventures des "Tuniques Bleues" qui finissent par ressembler à "Astérix" dont les aventures n'ont plus rien à voir avec celles qui ont fait leur succès. Si ce tome demeure convenable, il n'en reste donc pas moins décevant avec cette conclusion inaboutie et trop abrupte pour être honnête...