Peu de temps après avoir tourné la dernière page du livre écrit par Kazuo Ishiguro, j'ai regardé cette adaptation cinématographique emplie d''un vif enthousiasme et vraiment je ne l''ai pas regretté.
Mr. Stevens, majordome à Darlington Hall, saisit l''opportunité de voyage que lui a octroyée le nouveau propriétaire du domaine. Tout au long de ce périple, il va passer au crible ses souvenirs au service de Lord Darlington espérant pouvoir s''amender de son passé qui l''a probablement fait passer à côté de sa propre vie. Lui qui a voué toute son existence à son employeur, réalise qu''il n''a pas toujours été aussi défendable qu''il le pensait. Toutefois, il ne regrette rien et s''avoue comblé d''avoir porté son travail à de tels extrêmes de perfection allant jusqu''à s''interdire systématiquement toute forme d''émotions au nom de la dignité'.
Hormis quelques infimes détails qui ne nuisent absolument pas à la teneur du texte, comme l'identité du nouveau propriétaire de Darlington Hall ainsi que la scène finale, le film est d'une grande fidélité. Les dialogues sont pour beaucoup repris à la virgule près ce qui est fort réjouissant.
Surtout, il m'a semblé que Mr. Stevens revêtait quelquefois, sous l'admirable interprétation de Anthony Hopkins, un côté un peu plus humain par moments. Il est des regards, des expressions qui suggèrent certaines émotions contenues que je n'avais pas toujours saisies dans le livre.
Aussi, l'implication politique de Lord Darlington et les manipulations du régime nazi prennent selon moi beaucoup plus de force à l'écran. Pas de doute que ce sont les intonations et les attitudes qui renforcent la situation.
Dans le making of du film, Kazuo Ishiguro se dit fort réjoui de cette remarquable adaptation de son livre. Aussi, je ne peux qu'abonder vivement dans ce sens. La distribution des rôles s''est avérée d''une grande perspicacité et l''interprétation de chacun est en tout point remarquable.