Clouée sur son lit d'hôpital, et bien qu'elle n'ait jamais donné signe de vie pendant près de 40 ans, Rose fait appeler son fils Alexandre à son chevet. Même si son entourage le lui déconseille, celui-ci ne peut résister à cet appel et à son besoin crucial de rencontrer celle qui l'a abandonné. Tout au long du voyage qui le mène aux côtés de sa mère, Alexandre laisse aller son esprit à reconstituer l'existence de la très jeune fille qui l'a mis au monde alors qu'elle n'avait que 16 ans.
Une gestation non désirée dans une vie dont il n'a rien su et qu'il a échafaudée durant ses longues années d'absence à coups de ranc½urs, de désespoirs, de frustrations, d'attentes interminables et avant tout de solitude, oscillant sans cesse de la colère à l'indulgence.
Il espère enfin trouver auprès d'elle ce signe d'amour qu'elle lui a refusé toute son existence et qui lui permettrait d'atteindre enfin une forme d'émancipation.
Ce livre est la longue complainte, assez décousue, d'une quête de l'amour maternel, d'une enfance orpheline rongée par l'incompréhension en perpétuelle recherche de justification et de reconnaissance.
Je retrouve dans ce deuxième ouvrage que je lis de l'auteur, cette même justesse d'écriture sur un sujet bien plus délicat et intimiste que L'eau du bain. C'est sombre, presque noir car ici aussi le thème est complexe mais surtout bien plus douloureux. Et pourtant, même si la narration s'avère pour le peu décousue, le fil ne se perd pas et reste limpide. Il est donc à nouveau question de règlements de compte dans des conflits familiaux qui décidément semblent coller à la plume de l'auteur.