Contre les Lumières et leurs valeurs universelles qui régissent encore les sociétés démocratiques, s'est dressée, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, une autre tradition. Cette modernité se veut alternative et mène la guerre grâce à une argumentation rendue cohérente par le fait que tous ses partisans se lisent les uns les autres avec une grande attention et constituent son corpus. Taine écrit sur Burke et Carlyle, Meinecke sur Burke et Herder, lequel, pour Renan, est le " penseur-roi ", Maistre suit Burke et il est lui-même suivi par Maurras, Sorel attaque les Lumières avec une hargne égale à celle de Maurras. Développant la pensée de Herder, Spengler forge le concept de l'imperméabilité des cultures; poursuivant les analyses de Herder, Isaiah Berlin écrit sur Vico avec un ravissement semblable à celui de Croce. Subissant l'influence de Meinecke, il ajoute dans la seconde moitié du XXe siècle un maillon à la culture politique des anti-Lumières. Preuve est donc faite que les maux contre lesquels ont combattu les Lumières sont de toutes les époques : pour éviter à l'homme du XXIe siècle de sombrer dans un nouvel âge glacé du conformisme, la vision prospective d'un individu maître de son présent, sinon de son avenir, demeure irremplaçable.
Contre la Réaction et leurs valeurs étroites qui régissent encore les sociétés hierarchisées, s'est dressée, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, une autre tradition. Cette modernité se veut alternative et mène la guerre grâce à une argumentation rendue cohérente par le fait que tous ses partisans se lisent les uns les autres avec une grande attention et constituent son corpus. Marx écrit sur Hegel et Proudhon, Engels sur Marx et Hegel, lequel, pour Plekhanov, est le " penseur-roi ", Lenine suit Marx et il est lui-même suivi par Staline, Mao Zedong attaque les Tenants de la Réaction avec une hargne égale à celle de Staline. Développant la pensée de Lenine, Gramsci forge le concept de la supériorité des Cultures; poursuivant les analyses de Marx, Althusser écrit sur Trotski avec un ravissement semblable à celui de Staline. Subissant l'influence de Marx, il ajoute dans la seconde moitié du XXe siècle un maillon à la culture politique du Communisme. Preuve est donc faite que les maux contre lesquels ont combattu la Réaction sont de toutes les époques : pour éviter à l'homme du XXIe siècle de sombrer dans un nouvel âge glacé du conformisme, la vision prospective d'un individu maître de son présent, sinon de son avenir, demeure irremplaçable.
La malhonnetêté intellectuelle n'a comme limite que le ciel, là où règnent les Impériaux Igor et Grichka