Le Capitaine Alatriste joue toujours aussi bien de l'épée et de la dague dans ce qui devient, avec ce second volet, une chronique suivie des mérites d'un spadassin plus vertueux que bien des nobles ou des ecclésiastiques de cette Espagne déclinante du XVIIe siècle. Mais il a aussi le chic pour se fourrer dans le guêpier et, cette fois, il n'y a pas que sa peau en jeu mais aussi celle du narrateur, le jeune Inigo qui l'accompagne dans une périlleuse tentative pour soustraire une jeune femme d'un couvent pas très catholique. Sous la plume toujours vive et inventive de Perez-Reverte, cela nous vaut, entre autres, une plongée dans les ruelles de Madrid qui sentent la pisse et l'embuscade, dans les geôles sanglantes d'une Inquisition bien politique et dans les tavernes où le mauvais vin inspire la plus piquante ironie. Tournant fébrilement les pages de ce récit haletant, il ne serait pas étonnant que, vous aussi, vous entendiez cet inquiétant petit sifflement qui...