Disons le tout de suite: le nouveau roman d'Henri Loevenbruck est la suite directe de son précédent opus ésotérique: "le rasoir d'Ockham" même s'il n'est pas présenté comme tel par l'éditeur. C'est d'ailleurs en tant que suite qu'il présente un intérêt, car même s'il peut être lu indépendemment, l'intrigue à mon sens est trop ténue pour se suffire en elle-même. A l'inverse, j'avais bien aimé "le rasoir" qui nous avait laissé avec un mystère non élucidé sur les bras. Du coup, j'attendais avec impatience de connaître le fin mot de l'histoire, et qui est l'objet des cathédrales.
L'intrigue en quelques mots: Dans le Rasoir d'Ockham, Ari Mackenzie, analyste controversé aux Renseignements Généraux, spécialiste des sectes, part à la recherche de l'organisation qui a assassiné l'ami intime de son père, Paul Cazo, un architecte, ainsi que plusieurs autres personnes dans des conditions particulièrement atroces. Il s'aperçoit bien vite que les meurtres ont un rapport avec les feuillets disparus des carnets de Villard de Honnecourt, un maître bâtisseur du XIIème siècle. L'intrigue, pleine de rebondissements et de scènes d'action est bien menée et on arrive haletant aux deux mots fatidiques de la fin du premier roman: "A SUIVRE..." Les cathédrales du vide reprennent donc là où Ari s'est arrêté en ajoutant aux carnets de Villard un manuscrit de Nicolas Flamel, bourgeois du XIVème siècle qui va enfin décrypter le véritable sens des feuillets de Villard.
Il est assez amusant de constater que Henri Loevenbruck évoque certains thèmes et symboles qui font l'objet du dernier Dan Brown (le Symbole Perdu) comme le mythe de la terre creuse et les symboles maçoniques, alors même que le héro de Loevenbruck semble fustiger les méthodes de l'auteur américain à succès:
"Ari connaissait trop bien ce genre d'individus. Des farfelus dont Umberto Eco se jouait en les surnommant les diaboliques - car si errare humanum est, en revanche, persevare diabolicum - ces exaltés pour qui tout avait un sens caché, ésotérique, et qui voyaient à chaque coin de rue les signes d'un Plan supérieur, d'un complot ancestral aux ramifications disproportionnées. Ces clowns avaient pour manie de multiplier à l'infini les explications fumeuses, de relier entre elles des causes pourtant inconciliables, de faire des démonstrations en s'appuyant sur d'absurdes analogies inconsistantes, avec pour seul résultat de perdre complètement quiconque essaierait de trouver à leur discours la moindre cohérence. Le genre de type capable d'affirmer, sans rire, qu'il existe un lien secret et capital entre Marie Madeleine, les mérovingiens, les templiers, les francs-maçons, les rosi-cruciens, Poussin, Francis Bacon, Adolf Hitler et un curé du début du XXème siècle dans un petit village du Languedoc..."
Au final, deux romans qui, réunis, forment un tout qui raviront les amateurs d'intrigue ésotérique.
Un conseil, téléchargez les guides visuels des deux romans sur solvedcases.free.fr : ils illustrent les tableaux, lieux, sculptures et symboles cités dans le roman en regard des extraits correspondants, de quoi - je l'espère - enrichir un peu votre lecture !