Les livres de Taguieff sont souvent longs et répétitifs, nonobstant leur intérêt. Il nous livre ici une synhtèse - déjà longue - sur ses travaux sur l'idéologie du progrès comme escroquerie au nom de laquelle ont été commises toutes les friponneries du XX° siècle. L'idéologie du progrès s'invente quant on n'y croit plus. Le XIX° siècle de la II° révolution industrielle a réellement cru au progrès qui aurait pu remédier aux dégats de la 1°. Mais tout s'effondre dans le cataclysme de la guerre de 14-18. D'humanisme, le progrès devient, sous la plume des marxistes, un "sens de l'histoire": aller de l'avant ne peut apporter que du bien. Il y a bien sûr un "parti du Bien" auquel s'oppose ceux qui gardent un regard critique sur ce nouveau culte, et qui sont bien sûr des "réactionnaires", le "parti du Mal". Ce culte béat n'a bien sûr plus aucun sens aujourd'hui avec les horreurs du communisme.
Il n'en reste pas moins que le fonds de commerce politique est resté et que la dénonciation des ennemis du progrès reste une activité politique rentable: ce sont les "contre-réactionnaires".
Ouvrage très bien écrit et très bien documenté qui se lit vite.
Si vous avez quelques doute sur le monde merveilleux que l'on nous construit dans la vénération obligatoire, sur le "mariage homo" et la famille homoparentale comme nouvel horizon pour l'humanité souffrante, si vous commencez toutes vos phrases par le besoin de dire un "non, je ne suis pas contre... le progrès" justificatif, ce livre est pour vous pour comprendre la mécanique philsosophique et intellectuelle, et tout le bric à brac d'escroquerie qui traîne sous l'idéologie du progrès.