L'amateur de littérature dite "populaire" ou de "gare" va y trouver son compte. J'y ai trouvé le mien. Cette terrible aventure dans un Londres, ville de tous les crimes, dans une lande baskervillienne, et sur un bateau-cercueil, plonge le lecteur dans les délices de la lutte à mort, de l'horreur grandguignolesque et du rebondissement inattendu qui renverse tout sur son passage.
Sherlock Holmes et le Dr Watson auront donné vie à des binômes inoubliables de justiciers : Harry Dickson et Tom Wills, Juve et Fandor, Bob Morane et Bill Ballantine, Blake et Mortimer et ici Nayland Smith et le Dr Petrie. Tout combattant du Bien a son double, son miroir, sa raison d'être : Moriarty, Fu-Manchu, Georgette Cuvelier, Fantomas, Olrik, Monsieur Ming. Tous ces auteurs s'empruntent les uns aux autres et surtout empruntent à Doyle, notamment Sax Rohmer. On retrouve le Londres "rippérien", "La maison vide" ou le "Chien des Baskerville". Mais le charme propre au personnage principal opère. On se laisse embarquer.
Ainsi donc une Asie de légende y déploie l'inépuisable arsenal de ses maléfices (aujourd'hui les Chinois possèdent Volvo....plus trivial mais plus moderne....autres temps, autres moeurs). L'Empire Britannique, toujours sur la brèche ("Le fardeau de l'homme blanc" selon Kipling), endigue indéfiniment les assauts venus du tréfonds de l'empire du Milieu. La victoire finale ne se trouve jamais au rendez-vous. Et c'est tant mieux comme cela.