J'ai beaucoup aimé cette étude sur le climat de ces derniers 500 ans. Un climat vivant, un climat humain. Par la force des choses - manque de mesures jusqu'au XVIIIe - Emmanuel Garnier, éminent historien, traque les humeurs du temps européen dans les divers témoignages que nos ancêtres ont légué (registres paroissiaux, "livres de raisons", notamment, carnets intimes en prise directe avec les soucis économiques, des champs, de la santé...). Loin de rester à la surface très subjective des évènements, E. Garnier livre nombre de courbes et tableaux fort rigoureux, issus des recherches menées par les laboratoires les plus sérieux pour rattacher les impressions aux critères scientifiques actuels.
L'expression est fort intéressante, car bien plus proche de la littérature que du mémoire austère. Une vision du climat sous un angle fort accessible, riche de formules inhabituelles, plaisantes, voire humoristiques.
C'est ainsi que l'on apprend que les générations passées "en ont bavé", que nos secousses modernes ne les ont pas épargnés (tempêtes extrêmes, canicules accablantes, vagues de froid intenses, sécheresses s'étalant parfois sur plusieurs années, catastrophes parfois pilotées par des éruptions volcaniques majeures, très loin de chez nous...). Elles furent d'autant plus féroces que l'agriculture, l'économie étaient fragiles, les transports lents et peu efficaces, le dispositif sanitaire rudimentaire. Accablées, les foules d'abord résignées sous la férule de l'Eglise, n'ayant pour espoir que les prières et processions, s'en prirent plus tard aux politiques, jusqu'à provoquer des émeutes, peut-être la Révolution...