C'est mon quatrième livre de cet auteur. Je le lis notamment après 2666, reconnu comme étant sa pièce maîtresse. Mais celui-ci est tout aussi surprenant dans sa structure: le narrateur de la première partie disparaît totalemet de la seconde (plus de 600 pages), pour reparaître à nouveau en fin de volume.
Cette seconde partie, à la fois limpide et déroutante, est une très longue succession de témoignages - recueillis par qui et à quelle fin: on l'ignore.
De même qu'avec 2666, j'ai terminé cet épais ouvrage en me demandant pourquoi je l'avais apprécié... Pas évident... Sans doute est-ce lié à l'incroyable facilité narratrice de Roberto Bolano, car, de fait, entre le début et la fin, l'histoire elle-même tient à peu de choses. Dès le premier paragraphe, l'objectif est fixé et il n'est atteint que dans les dernières pages.
Ce qui rend l'ensemble très attachant, c'est le foisonnement d'événements, pas forcément interconnectés, mêlés à des projections, à des suppositions, voire à des hallucinations, le tout dans une absence totale de sentiments.