Une chaleur venue d'ailleurs se veut provocateur : dans quelques millions d'années, la Terre est peuplée par quelques humains qui n'ont plus conscience de la morale. Jherek Carnelian (personnage semblable en bien des points à Jerry Cornelius, autre personnage débridé de Moorcock) en fait partie. Dès le début du roman, ce charmant jeune homme prend du plaisir avec sa « mère » (oui le concept de parenté a eu le temps d'évoluer) en contemplant les paysages remodelés à volonté par leurs congénères, pour qui l'énergie n'est plus un problème. D'orgies en délires érotico-psychotropiques, ces pauvres humains feraient honte aux plus délurés des jet-seters. Moorcock se fait plaisir et nous livre cette « fin de monde goguenarde et bariolée » dont on a tant entendu parler en quatrième de couverture de ses autres ½uvres. Mais le véritable but du roman, et la source de plaisir de ma lecture, est l'intrusion de Ms Amelia Underwood, jeune voyageuse temporelle catapultée dans une soirée apocalyptique du futur, où elle rencontre Jherek. Ce dernier tombe d'amour devant l'exotique beauté de cette « primitive » . S'en suit alors une course poursuite amoureuse, qui nous mènera jusqu'au XIX e siècle, pleine de délicieux quiproquos (pour n'en citer qu'un, Jherek ayant l'idée somptueuse de s'habiller comme l'objet de sa convoitise pour la flatter). On finit par s'intéresser à l'histoire (il était temps), et on irait même jeter un ½il à la suite du roman, pour retrouver cette chaleur venue d'ailleurs.