Parallèlement à ses célèbres symphonies, lieder, sa musique de chambre et de piano, Schubert écrivit un significatif oeuvre d'inspiration religieuse (Stabat Mater, Salve Regina, Offertorium...) quoique sa relation au culte se définissait en réaction à la bigoterie de son milieu familial. A tel point que le compositeur évinça délibérément les paroles « credo in unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam » quand il mit en musique ses deux magnifiques messes latines. Elles ne furent pas aussitôt reconnues à leur juste valeur : terminée en 1822, celle en la bémol majeur ne fut rejouée qu'un demi-siècle après sa création. Tandis que la postérité de la grande D950 en mi bémol majeur fut redevable à Brahms qui la redécouvrit.
Autour de 1980, Wolfgang Sawallisch enregistra plusieurs disques consacrés à ce répertoire sacré, qu'EMI a empaquetés en coffret de 7 CDs.
Quelques années auparavant, en juin 1971 à Dresde, les micros de la VEB Deutsche Schallplatten (en partenariat avec Philips) avaient déjà capté les deux Messes ici rééditées par Newton.
Un remarquable plateau de chanteurs (dont Helen Donath, Peter Schreier et Theo Adam) s'associe au Choeur de Leipzig pour rayonner de sobre ferveur.
L'interprétation dirigée par le maestro allemand magnifie l'architecture et semble tirer ces pages vers le romantisme tardif, auquel l'orchestre de la Staatskapelle apporte finesse et lumière. Dans sa version ultérieurement gravée pour Emi, Sawallisch ne retrouvera pas « le ton roide et la puissance dramatique inhérents à ces lectures » écrivait le Guide Fayard des Indispensables du CD.