Ce petit opuscule vendu entre des sandwichs, boissons, revues de tous genres dans les halls de gare se veut à la "hauteur" des vues du personnage Minc.
La légendaire nullité de Minc dans la prospective tiendrait du comique, s'il y mettait les formes; c'est-à-dire, avec un nez rouge, le visage blanc, le chapeau pointu et les grandes chaussures. L'habit de clown est en effet servi.
Je rappelle aux bons lecteurs que Alain Minc :
1/ Dans son "ouvrage"
La grande illusion, que visionnait Alain Minc ? L'auteur brandissait la menace de « la finlandisation de l'Europe douce mais fatale». L'Histoire se chargea très rapidement de démontrer le ridicule et la fausseté de la "vision" de ce fier à bras de l'Ena.
En effet, ce livre fut publié le 11 janvier 1989 quelques mois avant :
- les premières élections libres en URSS (mars),
- le démantèlement du rideau de fer entre la Hongrie et l'Autriche (2 mai),
- l'ouverture du mur de Berlin (9 novembre) et
- l'implosion des régimes communistes. La finlandisation est synonyme aujourd'hui de réussites industrielles telles que Nokia et Fiskars. L'Europe s'est donnée au libéralisme économique et non à une forme dégradée du communisme neutre. (rires)
2/ Quelques mois avant l'implosion de la bulle internet, et des bourses mondiales, ce prophète raté écrivait dans
www.capitalisme.fr:
"Une société de marché, tempérée par le principe d'équité est le plus mauvais des régimes à l'exception de tous les autres". Sa vision du capitalisme reposait sur un trépied aussi solide que la coquille d'un oeuf : le marché, le juge et l'opinion publique représentée par les media. En effet, il était fier d'annoncer avant tout le monde (Attali, BHL et les autres tristes sires de la bande) que grâce à la révolution Internet, l'économie de croissance revenait. Il était tout heureux de sa trouvaille : au capitalisme managerial succédait un capitalisme patrimonial. (rires)
L'histoire d'Alain Minc est une succession de contre-sens. Le petit livre qu'il publie, dans la maison d'édition de son pote BHL, Grasset, est du même tonneau, écrit dans un style qui de loin, dans le brouillard, la nuit, en plein hiver, pourrait passer pour un ersatz de Pierre Bellemare.
Sa prophétie de la manifestation des hommes blancs fleure "mauvais" le racisme, l'esprit anti-démocratique, la haine du peuple (pour ceux qui doutent des motivations profondément élitistes de Minc, lire la feuille de propagande lunaire du libéralisme ultra
Le crépuscule des petits dieux).
Quant à la prophétie du jour où Israël bombardera les centrales nucléaires iraniennes, je recommande au lecteur de lire le thriller américain, instructif et bien écrit,
Protect and Defend.
La technique du rouleau compresseur Minc commencerait-elle à saturer ? D'habitude des tombereaux de critiques vendues louent chacun des livres de Minc avant même leur parution, dont le dernier raté
Une histoire de France. Soyons sur le qui-vive. Alain Minc ne nous fait décidément plus rire.