Un livre intéressant autour de la fragilité de la mémoire et de la reconstitution nécessaire pour retrouver son identité par le biais de l'altérité. Quatre épisodes scandent ici la vie du narrateur-personnage, lui permettant de se reconstruire petit à petit. Mémoire devenant, par ce livre, un corrélat de l'Histoire évoquée dans la petite histoire. Les souvenirs et spectres de la Shoah planent sur les pérégrinations d'un narrateur avide de découvertes.Les découvertes qui amenuisent l'énigmatique de l'être -en tant qu'il renvoie à l'étant- passent par le biais de sa famille et de ses proches.
L'intrusion des photographies relègue cette nécessité de montrer l'éphémère de la mémoire. Ainsi, les photographies comblent ces liens cognitifs estompés et permettent le re-souvenir. Ce, par le biais d'un souvenir réel "évanoui" et qui ressurgi -principe de la forclusion- à la vue de cette photographie ou encore, par le biais de "constructions artificielles simples" provoquées au regard des photographies qui comblent le vide du passé du narrateur.
Sebald livre là, une création ambitieuse sur le désir de comprendre, qu'il a lui même entretenu dans sa propre jeunesse au regard du passé de ses géniteurs ayant connu la seconde guerre mondiale. Par le biais de son père -engagé dans l'armée Allemande de la Wehrmacht-; qui participe à cette prise de conscience de la réalité des camps de concentration. Il en prend compte par le biais de documentaires Historique notamment Bergen-Belsen (là où est emprisonné Hans Meyer)et souhaite approfondir cet épisode de la Barbarie qui fait désormais partie intégrante du XXIème siècle. L'écriture participe de cette volonté de mieux connaître, que ce soit le monde ou bien soi-même, et participe 'd'une certaine manière'au devoir de mémoire qui nous incombe.
Les Émigrants