L'auteur, qui déploie une érudition boulimique dans des domaines pour le moins variés et dont il serait instructif de trouver le point commun (les suicides, , les monstruosités, la Callas,la peine de mort, Brel, les poils, les seins, Brassens, les faits divers étranges etc), nous gratifie ici (si l'on peut dire) d'un gros volume sur le sujet ultra-sensible des enfants assassins. On y trouvera profusion de dates, de faits, d'anecdotes, une iconographie intéressante, et je ne crois pas qu'on puisse faire grief à l'auteur d'avoir privilégié l'information sur l'interprétation, ni même d'avoir consacré tout un chapitre au problème des enfants-guerriers, qui me semble relever d'une problématique très différente. Trois choses me gênent beaucoup par contre: - le découpage même du sujet: l'enfance criminelle est isolée ici de l'enfance délinquante tout autant que de la criminalité adulte, or les exemples mêmes attestent qu'elle partage des traits spécifiques avec les deux; - les responsabilités sociales dans la production de la criminalité juvénile, qui vont de la déstructuration des familles à celle des services publics en passant par la facilitation de l'accès aux armes n'est pas évoquée de façon assez systématique; - par contre, l'auteur nous dispense un florilège de citations pour le moins racoleuses sur la cruauté et la méchanceté soi-disant inhérentes à l'enfance... C'est un peu facile et pas du meilleur goût. Une approche moins anecdotique, avec une véritable conceptualisation psycho-criminologique, s'imposait pour dépasser le stade du bazar des curiosités et poser les vrais problèmes, pour, qui sait, un jour, les résoudre. Les enfants sont tout de même plus intéressants que les crimes.