L'ouvrage de Pascale Molinier, docteur en psychologie, maitre de conférence au CNAM et responsable d'une équipe de recherches, retrace l'histoire de la psychodynamique du travail et présente ses principaux concepts. Fruit de nombreuses années d'études et de recherches, cet ouvrage est une excellente introduction à une discipline récente née d'un renversement epistémologique.
Auparavant, la psychopathologie du travail (Louis le Guillant) postulait que le travail pouvait être délétère pour la santé mentale. Or, la plupart d'entre nous travaillons et nous n'en tombons pas malades ! A partir de ce constat, Christophe Dejours (cf. ma critique de "Travail, Usure mentale") va contribuer au passage d'un questionnment orienté vers la maladie à un questionnement orienté vers la normalité. "Comment les gens font-ils pour ne pas devenir fous ?" On assiste alors à un déplacement de la psychiatrie vers la psychologie clinique et vers les sciences sociales. L'approche psychanalytique des situations de travail place le sujet au coeur de l'étude et tend à démontrer que loin de subir ce qui lui arrive, le sujet s'en défend ou y contribue. Dans tous les cas, il y prend une part active, ce qui amène à une vision plus complexe du monde vécu. L'ouvrage est riche de nombreuses références et de croisements entre plusieurs disciplines. Comme indiqué en 4e de couverture il peut constituer un outil essentiel d'analyse pour les psychologues, les médecins du travail, les travailleurs sociaux mais aussi les formateurs, les consultants en entreprise, les spécialistes des ressources humaines et toute personne qui s'intéresse au travail et à ses enjeux pour les individus.