Qualifier Les faux monnayeurs de chef d'oeuvre est certainement sous-estimer cette oeuvre magestueuse et vibrante, au style enivrant et rigoureux, parlant autant aux sens qu'à la raison, dans laquelle les hommes se cherchent et se méprennent, avant de se reprendre ou de se prendre, où chacun semble trainer sa vie comme l'artiste maudit son génie, à l'image d'Edouard, écrivain torturé par son chef d'oeuvre en cours d'écriture, celui là même que vous tiendrez bientôt entre vos mains, qui croit un instant à l'illusion de ces sentiments qui ne font en réalité plus que glisser sur son impénétrable et complexe personnalité, de son neveu, encore embrasé par les tourments adolescents, de son amie, embarrassée par une grossesse on ne peut plus génante, de la mort et de la haine, du désir et des passions, de la perversité des anges, qui chacun semblent vouloir prendre sous leurs ailes les innombrables protagonistes de ce choeur aux sourires innocents, à la cruauté indicible.