Je dis "révolutionnaire" pour ce livre car il demandait la création d'un congé paternité et évoquait la coparentalité pour laquelle des associations de pères et de mères se battent aujourd'hui, avec plusieurs années d'avance. Pour Christiane Olivier, l'absence d'un parent est une "catastrophe" et elle s'appuie avec justesse sur les études qui montrent une inquiétante corrélation entre toxicomanie, délinquance et absence du père. De plus, l'auteur va à l'encontre des vieux schémas culturels selon lesquels seule la mère a le droit et le devoir de s'occuper de sa progéniture. Cette omnipotence de la mère serait la source de la peur qu'inspire la femme et de la misogynie en général, sans compter la dépendance et l'ambivalence qu'elle crée dans l'inconscient de l'enfant. Plus la duo mère-enfant sera fusionnel, plus longtemps ce lien unique durera, moins l'enfant se sentira sécurisé et plus le père aura du mal à laisser son empreinte dans son psychisme.
A l'heure où tous les discours sont permis sur la parenté (parentalités flottantes, rôle du beau-parent, homoparentalité, enfants IAD...), enfin une thèse solide pour réhabiliter le rôle du père dans l'intérêt trop souvent méprisé de l'enfant même. Il faut que les pères se responsabilisent et ne tolèrent plus d'être traités en donneurs de sperme ou en tiroirs-caisses. A quand la contraception masculine ?