Willie Stark est, selon ses dires, un "cul-terreux". Honnête et idéaliste, il aimerait décrocher un poste à la mairie. Grâce à un accident survenue dans une école, dont il n'avait cessé de dénoncer les manoeuvres financières derrière la construction, la chance de devenir gouverneur se présente à lui.
Est-ce que le pouvoir finit toujours par corrompre les hommes ? C'est une des questions du film. On voit Willie Stark (Sean Penn) devenir peu à peu comme ceux qu'ils ne cessent de dénoncer, un escroc qui détourne de l'argent. D'homme simple et droit, il devient porté sur la bouteille et les femmes.
Le principal attrait du film tient à ses discours (avec un Sean Penn très inspiré) où la passion coléreuse qui lui gagne la foule (et les élections) laisse place peu à peu à un ton roublard qui sait caresser son public dans le sens du poil.
Les Fous du roi aurait pu être un grand film. Malheureusement, le portrait de Willie Stark reste de surface. Pourquoi change-t-il ? Est-ce parce qu'il faut devenir un lion pour se battre contre d'autres fauves ? Est-ce pour jouir de son pouvoir ? Est-ce un peu des deux à la fois ? On ne sait pas vraiment, bien qu'on devine un peu.
À la place, nous avons droit à un portrait en profondeur du journaliste (Jude Law) qui travaille pour lui, un portrait de ses amis, de son histoire familiale qui, si elle a de l'importance pour le film, est trop envahissante, trop détaillée, et va trop loin.
Le drame familial prend le pas sur le film politique, on ne sait plus où se trouve le sujet principal. Dommage.