J'avais entendu une critique, sur Europe 1, me semble-t-il. Une bonne critique qui ne voulait pas « encenser une collègue, mais bon, quand même, qu'est-ce que c'est bien comme livre ».
Du coup, je l'ai lu. D'un trait. En une heure et demie, moi qui généralement lit à la vitesse d'un escargot neurasthénique. Non pas qu'il fut intense au point de vouloir le finir à tout prix. Non, c'est un court roman. Très court même. J'ai lu des nouvelles beaucoup plus longues.
J'aime bien Annie Lemoine. J'aime sa façon d'être, j'aime la journaliste, j'aime la femme, j'aime son humour à la télé. En plus, je la trouve belle.
Par contre, j'ai pas du tout aimé son roman.
L'histoire d'une femme qui se fait violer par son mari et ce qui s'en suit dans le couple.
Le problème, c'est qu'il n'y a rien d'autre. Pas de style. Pas d'histoire.
La manière d'écrire, on la lu 100 fois, 1000 fois. Elle n'a rien d'extraordinaire et ressemble à tant d'autres écrivains qui se veulent écrivains, justement, et qui ne le sont pas.
L'histoire, elle, est inexistante. Même lors de la scène du viol, qui s'en veut le centre, il ne se passe rien. Ca donne même l'impression de ne pas en être un. Oui, d'accord, elle n'est pas tout à fait enthousiaste pour faire la chose avec son mari, mais oui, bon d'accord, je vais lui faire plaisir même si je m'ennuie.
La construction même du livre est loin d'être bonne. J'en veux pour preuve un des chapitres. Annie Lemoine écrit un long passage sur la venue d'amis du couple. Si l'homme est très ami avec le mari, il n'en va pas de même avec les deux femmes. Face à cette longue explication, je me dis que, justement, ça sera le moment où les choses ressortent, sont dites, où il va enfin se passer quelque chose.
Je tourne la page et je lis : « M. et D. sont restés cinq jours ». QUOI ! Rien d'autre. Pas une petite description de cette visite. Ca m'a donné l'impression que cet épisode avait tout bonnement été enlevé. Soit parce qu'elle n'arrivait pas à l'écrire, soit parce qu'il n'allait pas avec le ton du reste du roman (en gros, et là je serais bassement méchant, il devait au moins avoir du rythme et être en tant soit peu intéressant).
En conclusion, oui, j'aime bien Annie Lemoine, mais je n'aime pas Annie Lemoine écrivain. Et son roman Les heures chaudes est à éviter à tout prix.