Les personnages sont attachants, la trame est crédible, le rythme est soutenu, les dialogues convaincants. Nathalie Baye (Anne Visage) est parfaite, de même que Wolkowitch (Simon Kapita, son chef de campagne et ex patron de Ludovic) et Fitoussi (Ludovic Desmeuze, en pas sympa!), Philippe Magnan (Deleuvre). Un peu plus de réserves pour Clémentine Poidatz (Valentine), la déprimée traitresse amoureuse transie, qui en fait un peu trop.
La crédibilité est le grand atout de la mini-série, mais tout n'est pas aussi crédible. Par exemple, le chef de la sécurité du président (Gendre), celui du premier ministre (Guénelon), est-il possible qu'ils soient présents à l'interrogatoire d'un suspect malien? Possible, oui, plausible, non!
Que le chef de l'antiterrorisme confie inopinément et in extremis à Gendre la copie des écoutes chez le candidat de gauche, copie résultant strictement du hasard, est un deus ex machina un peu facile. Pourquoi d'ailleurs Gendre a-t-il placé l'enregistreur dans une voiture parquée?
La réconciliation publique entre Anne et l'épouse du président, acte politiquement porteur, mais plausible?
L'épisode à l'aéroport du Mali, où Apolline se fait arrêter et ses enregistrements des déclarations de Jamie détruire est idiot: pourquoi n'a-t-elle pas confié une copie à Gendre, puisqu'ils se sont séparés pour passer les contrôles?
On peut également regretter le manque de profondeur des personnages. Oui, leur opportunisme est justifié par une ambition forte, mais on n'en sait pas plus (à part que Kapita a eu une relation avec Valentine, ce qui lui vaut son divorce), que Anne a beaucoup baisé (sic!) après son divorce et qu'elle était la maitresse de c½ur du président, que Deleuvre est homo discret et entretient un jeune amant aux frais de la république, que Valentine est une vorace de l'amour, quasi nympho, que Ludovic est mégalo, élastique de conscience et qu'il tient à détruire son père spirituel. Tout cela reste premier niveau. Il n'y a dans la mini-série aucune chaleur humaine perdue! Même la fille de Kapita reste une opportuniste. Dommage.
Reste que la mini-série nous démont(r)e un certain nombre de mécaniques sordides entre les candidats, à la limite du franchement criminel, et que là, cela paraît drôlement plausible! Il faut d'ailleurs saluer les scénaristes qui ont évité tout recours au crime avéré ou au complot (à part le mensonge d'état). Dans une série amerlo, certains personnages auraient été "terminés" dans les coulisses.