Dans ce roman, Jeanne Benameur propose au lecteur une vaste réflexion sur le sens de la vie, sur ce que chacun souhaite en faire. Au travers du personnage d'Antoine , l'auteur propose au lecteur de s'interroger sur son propre chemin.
Antoine est un ouvrier d'une petite quarantaine d'années; sa compagne vient de lui demander de faire ses bagages , son usine d'acierie l'a mis en RTT forcées de quinze jours. Sans toit et, par la force des choses sans travail, il est obligé de retourner chez ses parents.
Mais les années ont passées et elles le rattrapent: en regardant vivre ses parents , en observant leurs habitudes et leur complicité, il s'interroge sur sa propre vie, ses propres choix, sur ce qui le guide. Le constat est celui du néant qui l'habite: il ne sait pas pourquoi il en est là, pourquoi il a choisi l'usine. La routine de celle-ci n'existant plus, il est obligé de réfléchir sur le sens profond de sa vie et sur ce qui va lui arriver. Sa rencontre avec un vieil homme , bouquiniste sur le marché, va le faire réfléchir. Il commence alors à observer les gens, à les regarder vivre et à analyser leurs choix.
Parce que l'usine se délocalise au Brésil, il va aller là-bas pour rencontrer ces ouvriers qui oeuvrent à leur place, pour comprendre aussi le destin de Jean de Monlevade, le fondateur de l'acierie brésilienne. Arrivé au Brésil, il se trouvera et se réalisera; il commencera à vivre.
Jeannne Benameur utilise le support de la délocalisation pour ce roman, mais les questions qu'elle pose sont universelles: que fait-on ici-bas? qu'est-ce qui nous pousse à avancer? que veut-on faire de notre vie? quel regard porte-t-on sur les autres, leurs choix, leur vie?
la force de ce roman réside autant dans l'intrigue que dans la langue utilisée: chaque mot est soigneusement choisi; chaque phrase est délicatement ciselée pour avoir le maximum de sens et de portée. Une très belle écriture qui tend à de la poésie et dont la plus grande qualité réside dans sa simplicité apparente.
Un roman à lire et à savourer.