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Les insurrections singulières [Broché]

Jeanne Benameur
3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
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Description de l'ouvrage

5 janvier 2011 Domaine Français
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Au seuil de la quarantaine, ouvrier au trajet atypique, décalé à l'usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d'une place dans le monde. Entre vertiges d'une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il lui faudra se risquer au plus profond de lui-même pour découvrir une force nouvelle, reprendre les commandes de sa vie.
Parcours de lutte et de rébellion, plongée au coeur de l'héritage familial, aventure politique intime et chronique d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu'au Brésil.
Dans une prose sobre et attentive, au plus près de ses personnages, Jeanne Benameur signe une ode à l'élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que "on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie".

Jeanne Benameur est l'auteur de sept romans, parmi lesquels : Les Demeurées (Denoël, 2001), Les Mains libres (Denoël, 2004) et Présent ? (Denoël, 2006), tous repris en Folio. En 2008, elle rejoint Actes Sud avec Laver les ombres (et Babel n° 1021).

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Descriptions du produit

Extrait

Il y a longtemps, j'ai voulu partir.
Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d'une girouette en forme de voilier, la seule originalité de la rue.
Je regarde la nuit venir.

C'était un soir, dans la cuisine, celle qui est toujours là si je me retourne, que j'ouvre la porte et que je fais six pas pour arriver au fond du couloir. C'était comme ce soir, trop chaud. Mon père fignolait une de ses maquettes de bateaux anciens. Sur la toile cirée, ses doigts, quand ils avaient appuyé longtemps, laissaient une trace, comme la buée sur les vitres. Et puis la trace disparaissait.
Ce soir-là, j'ai eu peur. Peur, si je restais dans cette cuisine, dans cette maison, de devenir comme la trace des doigts de mon père. Juste une empreinte. Qui disparaîtrait aussi.

Je fixais la maquette.
Ma mère faisait la vaisselle. Le clapotis de l'eau dans l'évier pour accompagner tous les rêves de caravelle.
Et ma poitrine qui se serrait. J'avais huit ans.

Les maquettes, c'était le monde en miniature, un monde qui tenait dans le creux d'une main. Réduit. Moi, le monde, je le voulais grand. Pas réduit.
Et ma respiration se cognait contre les bords.

Mon père, ce bonhomme à la haute stature, courbait sa taille. Les yeux rivés à de minuscules filins, il s'affaissait.
Nous quatre dans notre maison, ma mère, mon père, mon frère Loïc qui faisait ses devoirs à l'étage et moi, je nous ai vus. Tout petits dans le monde. Si petits.
Réduits, nous aussi ?

Revue de presse

Avec poésie, Antoine, jeune prolo existentialiste, refuse un destin tout tracé...
Jeanne Benameur observe la vie, les re­lations familiales, les amours fragiles, les amitiés porteuses d'espoir. Elle fait d'Antoine un être qui ressuscite d'entre les ­oubliés - les muets, ceux qui n'ont pas le droit à la parole, et si peu à la littérature. A phrases tendues, parfois nettes comme de la poésie, elle l'accompagne dans son cheminement, lui invente une vivacité...
Celui qui en a «marre de faire l'imposteur» décide de ne plus «ravaler la fureur» et part à la recherche d'une dignité. (Martine Laval - Télérama du 12 janvier 2011 )

Jeanne Benameur envoie Antoine, ouvrier dont la vie part à la dérive, à l'autre bout du monde... à la redécouverte de lui-même. C'est l'un des plus beaux romans de ce début d'année. Une invitation à laisser le monde entrer en soi, jusqu'à la métamorphose...
Changer la vie, clament les ouvriers syndiqués. Oui, répond ce superbe roman. Avec un livre. La vraie révolution n'est pas le Grand Soir, c'est le Grand Soi. (François Busnel - Lire, avril 2011 )

Détails sur le produit

  • Broché: 180 pages
  • Editeur : Actes Sud (5 janvier 2011)
  • Collection : Domaine Français
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2742795308
  • ISBN-13: 978-2742795307
  • Dimensions du produit: 21,2 x 11,4 x 1,6 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 112.055 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Roman social et introspection 27 mai 2011
Par Marie S TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Broché
Certains sont motivés par une passion, d'autres, comme Antoine avancent grâce à la rage. Mais ce n'est pas constructif. "Tout juste bon à finir à l'usine." Alors, il faut prendre le temps, faire une pause, pour comprendre. Les conflits sociaux à l'usine, la rupture avec Karima sont des catalyseurs. Marcel, un vieil homme amoureux des livres, emmène Antoine en voyage.
Derrière cette introspection, il y a l'actualité politique et sociale, la mondialisation et la décentralisation. L'usine d'Antoine doit fermer pour produire au Brésil. Antoine part à la rencontre de ces ouvriers brésiliens, en apprenant la vie de jean de Monlevade, industriel français qui construisit le premier haut-fourneau au Brésil. Mais les ouvriers sont-ils partout des esclaves qui s'ignorent? La Bourse obligera bientôt l'entreprise à quitter le Brésil pour aller ailleurs, où la main d'œuvre est encore moins chère.
Si Antoine ne trouve pas de solution sociale au Brésil, il retrouvera peut-être l'amour et pourra s'adonner à une passion qui l'aidera à avancer.
Jeanne Benameur a un style bref et efficace qui exprime une grande intériorité. Comme tous les livres qui parlent du malaise humain, l'ambiance est assez lourde. heureusement, le personnage de Marcel donne optimisme et dynamisme et nous évoque si bien, à nous lecteurs, la passion des livres.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Rédemption et connaissance de soi. 8 mai 2011
Par butterfly TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Broché
Dans ce roman, Jeanne Benameur propose au lecteur une vaste réflexion sur le sens de la vie, sur ce que chacun souhaite en faire. Au travers du personnage d'Antoine , l'auteur propose au lecteur de s'interroger sur son propre chemin.

Antoine est un ouvrier d'une petite quarantaine d'années; sa compagne vient de lui demander de faire ses bagages , son usine d'acierie l'a mis en RTT forcées de quinze jours. Sans toit et, par la force des choses sans travail, il est obligé de retourner chez ses parents.
Mais les années ont passées et elles le rattrapent: en regardant vivre ses parents , en observant leurs habitudes et leur complicité, il s'interroge sur sa propre vie, ses propres choix, sur ce qui le guide. Le constat est celui du néant qui l'habite: il ne sait pas pourquoi il en est là, pourquoi il a choisi l'usine. La routine de celle-ci n'existant plus, il est obligé de réfléchir sur le sens profond de sa vie et sur ce qui va lui arriver. Sa rencontre avec un vieil homme , bouquiniste sur le marché, va le faire réfléchir. Il commence alors à observer les gens, à les regarder vivre et à analyser leurs choix.
Parce que l'usine se délocalise au Brésil, il va aller là-bas pour rencontrer ces ouvriers qui oeuvrent à leur place, pour comprendre aussi le destin de Jean de Monlevade, le fondateur de l'acierie brésilienne. Arrivé au Brésil, il se trouvera et se réalisera; il commencera à vivre.

Jeannne Benameur utilise le support de la délocalisation pour ce roman, mais les questions qu'elle pose sont universelles: que fait-on ici-bas? qu'est-ce qui nous pousse à avancer? que veut-on faire de notre vie? quel regard porte-t-on sur les autres, leurs choix, leur vie?

la force de ce roman réside autant dans l'intrigue que dans la langue utilisée: chaque mot est soigneusement choisi; chaque phrase est délicatement ciselée pour avoir le maximum de sens et de portée. Une très belle écriture qui tend à de la poésie et dont la plus grande qualité réside dans sa simplicité apparente.

Un roman à lire et à savourer.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A lire ! 5 mai 2011
Par clara TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:Broché
Antoine, la quarantaine, est ouvrier à l'usine. Mais être ouvrier, c'est également adosser un statut, un carcan dans lequel on vous enferme. Antoine sort d'une rupture amoureuse et se cherche. Son ancienne compagne était prof de lettres. Pour elle, il s'était créé un double. Ecrire des phrases, des slogans pour les syndicats. Tenir haut le verbe, revendiquer et se battre contre la machine de la mondialisation. Mot qui sonne avec délocalisation. Leur emplois, leur savoir faire : oubliés au profit de la rentabilité. Car l'usine va délocaliser au Brésil. Pour comprendre et se construire, Antoine va se rendre sur place.

Jeanne Benameur avec ce livre colle à une actualité et à une réalité. Celle du monde du travail, un monde où le profit et la rentabilité sont les maîtres des décisions. Antoine est devenu ouvrier. Un peu par hasard, un travail alimentaire comme il en existe d'autres. A quarante ans, sa vie est vide. Vide de sens et vide d'amour. L'usine va délocaliser. Et ce sont autant de questions pour les ouvriers. Comment ils vont faire ? Pourquoi leur prend-t'on leur prend leur travail ? de quel droit ? Antoine se refuse d'accepter cette situation. Mais à sa façon. En partant au Brésil là où son travail sera effectué par quelqu'un d'autre. Accompagné d'un bouquiniste, ce voyage est sa bouée de sauvetage pour se raccrocher à la vie.
Jeanne Benameur tel un archer touche sa cible. En peu de mots, toujours très justes, elle nous amène à réagir et à réfléchir comme si ce livre était destiné à chacun d'entre nous. Et il s'agit d'une multitude de sentiments qui y sont dépeints, de cris aigus ou sourds empreints de peur ou de détresse.

Une fois de plus, j'ai savouré l'écriture de Jeanne Benameur, son désir de creuser au plus profond de l'être humain. De sonder nos peurs, nos questionnements sur la vie et le sens qu'on veut ou qu'on tente de lui donner. Avec les obligations d'un contexte social et économique.
J'ai lu ce livre en apnée mais je dois avouer que la fin m'a déçue. Une fin qui selon moi ne s'accorde pas avec le reste de ce roman.
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