Les larmes du diable, c'est le surnom donné au feu grégeois, une substance mythique utilisée jadis pour bouter le feu aux bateaux ennemis et dont la composition s'est perdue au cour des âges. Mais le véritable héro de ce livre, c'est davantage le Londres du seizième siècle, celui de Henry VIII et de Thomas Cromwell, quand l'Angleterre était déchirée par une violente réforme religieuse. A l'intérieur des murs de la Cité, de bouges mal famés en tavernes louches, des ruelles étroites aux dérives sur la Tamise boueuse, des entrepôts sur les docks au parvis de la cathédrale St Paul, de la Tour de Londres aux résidences aristocratiques, des monastères aux tribunaux de Westminster, on se régale à parcourir les recoins les plus célèbres ou les plus obscurs de la ville en compagnie de l'avocat Shardlake pressé de toute part pour trouver la solution de deux énigmes en même temps. A la fois roman policier et médiéval, basé sur une documentation irréprochable du Londres au temps des Tudor, ce livre de 735 pages (dans son édition Pocket) se dévore en une nuit tant l'esprit emmené avec brio dans une époque à jamais enfuie refuse de s'évader avant de connaître le dernier mot de l'histoire.