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Les magiciens [Broché]

Lev Grossman , Jean-Daniel Brèque
4.6 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
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Présentation de l'éditeur

Brooklyn. Quentin, dix-sept ans, est un adolescent brillant mais il ronge son frein, prisonnier d'un monde désespérément ennuyeux, en attendant d'intégrer une université de prestige. Comme il regrette le temps de son enfance où les Chroniques de Fillory n l'entraînaient dans un univers magique où tromper son ennui ! Mais sa vie se transforme le jour où, à sa grande stupeur, il est admis à la faculté de Brakebills, une école extrêmement élitiste et secrète qui forme des magiciens. Cinq années d'un rude et dangereux apprentissage l'y attendent. Mais le monde réel, même revu par la magie, n'apporte pas forcément le bonheur. Ce qu'il faudrait, c'est que l'univers de Fillory, celui des contes de son enfance, ne soit pas un monde imaginaire. Qui sait ?... Lev Grossman est l'auteur de Codex, le ntanuscrit oublié, un bestseller mondial.

Détails sur le produit

  • Broché: 508 pages
  • Editeur : Librairie L'Atalante (20 août 2010)
  • Collection : DENTELLE CYGNE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2841725111
  • ISBN-13: 978-2841725113
  • Moyenne des commentaires client : 4.6 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Kallisthène TOP 100 COMMENTATEURS
Entre la littérature de genre : SF, Fantasy, Crime, Thriller ET la littérature générale, la guerre est toujours déclarée ... en France en tout cas et en littérature "adulte", la seule qui compte vraiment ?
Mais les choses évoluent, avez-vous remarqué que vos enfants se gorgent de Fantasy, Fantastique, Thrillers voire même de SF ! Savez-vous qu'ailleurs la frontière est de plus en plus poreuse ? Savez-vous que La route est un roman de SF, dernier d'une longue lignée de romans post-apocalyptiques ? Mais, me direz-vous, ces sous-littératures ne sont-elles pas affligées d'une écriture ... euh ... affligeante justement ?

Là vous n'auriez pas tout à fait tort, la passé de la SF est plein de romans forts mal écrits. Oubliez pourtant ce passé, nous sommes en 2010 et la littérature de SF/F a fait d'immenses progrès et "Les Magiciens" en est un parfait exemple.

Le "bon" livre de littérature générale aborde des sujets humains éternels, il est tout entier tourné vers ses personnages. Ainsi "Les Magiciens" ne nous parle finalement que du difficile chemin vers la maturité, de l'adolescent d'homme, d'autant plus que celui-ci a accès tôt au pouvoir, l'argent voire aux femmes et pense que le bonheur est quelque chose qui vous arrive.

Dans "Les Magiciens" nous suivons Quentin, adolescent surdoué, amoureux malheureux et plutôt mécontent de ... tout, qui va être mystérieusement invité à participer au concours d'entrée de l'Université ultra-sélective de Brakebills où seuls 20 élèves sont recrutés chaque année.
Comment, vous ne connaissez pas cette université ? Normal, c'est une institution cachée aux yeux des millions de New-Yorkais qui passent devant chaque jour, car c'est le seul lieu en Amérique du Nord où est enseignée la Magie, la vraie.

Et voila, avec la Magie, nous voici avec un pied dans l'autre littérature. Remarquons cependant que nous nous éloignons assez vite des canons habituels de la Magie, d'abord celle-ci est très très dure ! Pourquoi croyez-vous qu'on y invite seulement les génies ? Haut-allemand, Grec ancien, mandarin, russe sont nécessaires à la Magie, ainsi que la mémorisation d'énormes tables décrivant l'effet des Circonstances Extérieures (lune, humidité, humeur ...) sur le lancer d'un sort.

Quentin s'épanouira dans cet environnement, mais un peu comme tous les adolescents/jeunes adultes de son ages plongés dans la vie sociale frénétique des universités américaines. Mauvais coups, coteries et bons camarades voire même peut-être l'Amour, mais saura-t-il seulement le reconnaître ? Toute cette normalité étant constamment épicée par le merveilleux de la manifestation concrète de la Magie.
Bof, moi d'la magie j'en lis tous les jours, vampires ou loup-garous à la télé, super-héros au cinéma, qu'est-ce qu'elle a de plus cette Magie ?

Hé bien elle est Sérieuse, un peu comme celle de Jonathan Strange et Mr Norrell, elle possède même un côté démocratique de travail nécessaire opposé au don par définition aristocratique qui est habituellement la norme. Le Sérieux conduit naturellement au Détail et le Détail véridique est ce qui fait la différence entre un roman gentillet et un roman prenant. Mais je vous mentirais en qualifiant ce roman de simplement prenant, ne vous y trompez pas, "Les Magiciens" est un roman exceptionnel car il réussit formidablement à la fois comme un roman de littérature générale (vous pourrez le faire lire à votre mère) ET comme un roman de genre qu'il modernise d'ailleurs singulièrement au passage.
Lu en américain.
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Larouette
Tout d'abord, sachez que ce livre (malgré quelques points communs flagrants) n'a rien à voir avec Harry Potter. D'accord, Quentin est un jeune garçon qui découvre soudainement que la magie existe, masquée aux yeux du monde, et qu'il va pouvoir apprendre cet art dans une mystérieuse école, invisible aux yeux du commun des mortels. Mais à part ce statut de départ, tout est différent : l'histoire, l'ambiance, les enjeux...
Le ton, bien que fréquemment humoristique, n'est pas léger, mais plutôt désenchanté.
Le plus extraordinaire, à mon sens, est que bien que ce livre soit une histoire que l'on puisse (s'il le faut vraiment !) classer dans la "fantasy" (il est question de magie et de mondes magiques tout au long des pages), c'est avant tout un roman initiatique. Et non pas initiatique dans le genre Indiana Jones, mais intimement initiatique.
Quentin, le héros de ce livre, a 17 ans au début du récit ; c'est plus un jeune homme qu'un enfant, et pourtant il souffre du mal-être fréquent de l'adolescence. Son statut de surdoué n'est pas un plus, il est mal dans sa peau, tout en ayant conscience de la futilité ou de la contradiction de ses sentiments. Un autre thème sous-jacent est celui de la solitude : la charge de travail, ainsi que la rivalité entre élèves, que ce soit dans le monde réel, puis à l'école de magie, conduisent les élèves à l'isolement. Des alliances se créent, mais plus difficilement des amitiés.
L'histoire, bien qu'indéniablement "magique", peut apparaître, sous un certain angle, comme une immense métaphore, destinée à illustrer le délicat passage de l'enfance à l'âge adulte, avec tous ses doutes et ses souffrances, et la difficulté de prendre sa vie en main, de l'obligation de faire des choix, de prendre des décisions pour l'avenir. Quentin, et c'est là l'aspect le plus attachant de sa personnalité, reste accroché à ses rêves d'enfant, et essaie de vivre à la hauteur de ceux-ci, même s'il devine que c'est une cause perdue d'avance...

Le deuxième point fort de ce livre est la volonté farouche de l'auteur de ne pas sombrer dans la facilité en ce qui concerne ses personnages : leurs failles et leurs faux-pas sont nombreux, leur attitude souvent agaçante ou incompréhensible. Si vous êtes un lecteur lassé de l'aspect caricatural (ou même simplement trop policé) des personnages des livres en général, mais surtout de ce genre, vous serez comblé.
Malgré cette exposition impitoyable des personnages, de travers en débauches estudiantines diverses (l'alcoolisme, mondain puis avéré, est un thème récurrent, et la sexualité ne connaît pas trop de tabous) l'auteur arrive à vous faire apprécier ses personnages, aussi brillants qu'exaspérants.
L'histoire en elle-même exceptionnelle : dans un récit fluide, l'auteur nous mène vers un dénouement étonnant ; le virage que prend l'histoire est très surprenant. Il y a beaucoup d'idées originales dans la façon d'appréhender la magie, dans son apprentissage, ses applications mais aussi dans son intérêt fondamental. La façon dont Quentin vit ses découvertes et ses expériences est exposée avec finesse et humour.

C'est un livre sans concessions, destiné plutôt à un public adulte (je compte parmi eux les adolescents d'un certain âge). Il pourrait être facilement lu par de jeunes bons lecteurs, mais j'émettrais quelques réserves : certains passages (quoique sobres et courts) sont plutôt crus en ce qui concerne la sexualité, et pourraient choquer de très jeunes personnes. D'autre part, le côté hyper-réaliste des relations humaines (dont je vante les mérites plus haut) dénué de tout romantisme, pourrait décevoir des lecteurs idéalistes, et les empêcher d'apprécier ce livre à sa juste valeur...
Comme je me compterais plutôt parmi leur nombre, ma note personnelle est de 4,5 étoiles et demie ; la qualité de ce livre m'a toutefois incité à le gratifier de 5 étoiles sans hésiter !
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
La magie, c'est trash 22 mai 2011
Par N. Winter TOP 500 COMMENTATEURS
Quentin vit à Brooklyn. Comme nombre d'adolescents de son âge, la vie de Quentin est merdique. Faire-valoir de son ami James, amoureux de sa copine Julia qui s'en moque, le jeune homme ne trouve qu'un réconfort notable dans une série de bouquins fantasy, Les chroniques de Fillory. Mais voilà qu'un jour, après avoir eu une mystérieuse lettre des mains d'une superbe infirmière, il se retrouve dans un domaine de New-York qu'il n'avait jamais vu auparavant. Et pour cause, puisque la Maison de Brakebills est invisible d'habitude. On n'entre pas impunément sur le campus d'une école de magie. En réussissant l'Examen d'entrée, Quentin va découvrir un autre monde, un envers du décor qu'il n'a jamais soupçonné : le monde de la magie. Très vite, il va s'apercevoir que celui-ci s'avère très loin de ce qu'il rêvait. La magie c'est dur et chiant, et le parcours du combattant qui l'attend ne fait que commencer.

Cela fait déjà bien des années qu'un petit garçon à lunettes a conquis le c½ur des lecteurs du monde entier. Son nom, Harry Potter. Dans cette série, on parle d'école de magie, de sorts et de créatures fantastiques. Mais aujourd'hui, grâce aux éditions L'Atalante, jetez tout ça à la poubelle. Oubliez le binoclard gentillet et naïf. Avec Les Magiciens de Lev Grossman, la magie prend une autre dimension. Frère jumeau d'Austin Grossman (l'auteur du roman Un jour, je serai invincible publié chez Interstices), Lev n'est pas un total inconnu en France puisqu'il a déjà eu les honneurs de la publication avec Codex, le manuscrit oublié chez Calman-Levy lui aussi. Bien décidé à tordre le cou au mythe de l'école de la magie et aux univers fantastiques dans leur totalité, l'américain couche sur papier une épopée vitriolée et incisive qui renvoie le reste de la production dans les cordes. Un pur régal.

De prime abord, rien de bien neuf sous le soleil de la sorcellerie. Un garçon qui entre dans une école de magie et découvre un monde caché au nôtre, rien de bien original. Mais ce serait bien vite cataloguer le roman de Grossman. D'abord parce que le style de l'auteur n'est en rien comparable à celui de J. K. Rowling, l'écrivain fournit un travail magnifique, fluide et hautement imagé. La lecture qui en résulte se fait plaisir des yeux mais aussi plaisir d'esprit car Lev n'oublie jamais ses classiques et dissémine de multiples clins d'½il et références à d'autres ½uvres célèbres. Harry Potter d'abord et naturellement, Les chroniques de Narnia ensuite énormément mais aussi le Seigneur des Anneaux. Tout y passe ou presque. Mais il ne s'agit pas là juste de prétention pour étaler sa connaissance du genre, il s'agit avant tout de la base pour se foutre joyeusement de tout ce petit monde et déconstruire toute la magie de ces mythes.

En effet, Quentin, notre héros, n'est pas le gentil Harry, ou bien c'est un Harry sous acide et champignons hallucinogènes. Quentin n'est pas orphelin mais il aurait bien voulu quand il voit ses parents. Non définitivement, les élèves de Brakebills n'ont aucune envie d'aller à Poudlard. Avec ses joyeux compères, Quentin se bourre la gueule à chaque occasion, s'envoie des rails de coke, baise avec qui il peut comme il peut. Dans Les Magiciens, pas de baguettes magiques non plus, ni de chapeau de sorcier ou autre conneries naïves dans le genre : ici, la magie se fait plus proche des mathématiques appliquées avec des centaines de règles qu'il faut maitriser et ce n'est pas une sinécure. Alors, comme tout étudiant qui se respecte, les élèves se détendent par la boisson ou avec le sexe. On croise un magicien homosexuel, un punk aux tendances belliqueuses, des professeurs capables de coucher avec leurs élèves. Bref, en compagnie de Quentin, nous sommes dans un monde définitivement adulte et trash. Fini les gamineries, avec Les Magiciens, les choses sérieuses commencent.

Le roman de 508 pages est grossièrement formé de deux parties. Dans la première, Quentin découvre la magie, son école, se fait des amis et des ennemis. Il apprend que la magie n'a rien à voir avec ce qu'on a pu dire dans des livres pour gosses, et que la vie est dure pour les magiciens. Avec lui, on explore en fait une école de magie bien plus proche de nos facultés, avec ses clubs, ses ragots et ses contraintes. On y croise des choses extraordinaires mais pas si farfelues, à mi chemin entre une volonté réaliste et totalement fantaisiste. La sauce prend rapidement, le plat obtenu n'en est que plus délicieux. Grossman déploie une imagination sans faille alliée à un humour fin et du meilleur effet. Il en profite également pour se payer la tête d'Harry Potter en comparant la baguette de sorcier à un sex toy tant ce gadget apparait comme ridicule. Pas de ça à Brakebills. Il fait aussi quelques clins d'½il au Seigneur des Anneaux, que les connaisseurs adoreront.

La seconde partie se déroule surtout à Fillory, ce monde sensément imaginaire que dégustait Quentin matin, midi et soir. Fillory ressemble tout le long du récit aux chroniques de Narnia, l'auteur ne manque pas de s'amuser comme un fou avec cette comparaison, et le lecteur également tant l'imagination déployée fascine. Finalement, nos anti-héros tombent dans ce monde fantastique qui se révèle bien loin de ce qu'on raconte dans les contes. Entre un ours alcoolique et imbécile, une naïade nymphomane ou deux mercenaires obsédés par la bataille, difficile de reconnaître les récits pour enfants. Surtout quand on tombe en plein milieu d'une guerre civile. Le début de cette partie joue sur un plan d'ironie malicieuse de la part de Grossman, où celui-ci se moque ouvertement des poncifs du genre. Point de quête immédiate, surtout un sentiment de "Bon, euh, on fait quoi ?". Pour finir, le Fillory imaginaire n'a rien à voir avec le Fillory réel. La réalité tend à plus d'horreur et rien n'est obtenu sans un sacrifice au-delà de l'imaginable. Les contes ne sont décidément plus ce qu'ils étaient.

Plus que le ton du récit, plus que les références et les dizaines de trouvailles, ce sont les personnages qui constituent un sans-faute. A commencer par Quentin, un poncif du genre qui se révèle une formidable figure d'anti-héros. Celui-ci traîne sa haine de la vie et de l'insuffisance du réel tout au long du récit. Ses états d'âme, ses amours, ses accès de colère ou ses regrets, tout est réglé comme une horloge. Rarement le protagoniste principal d'un roman a été aussi réussi. Mais les autres ne sont pas à la traîne. Penny, le punk jamais réellement cerné, Eliot l'homosexuel alcoolique, Alice brisée par sa vie de famille ou encore Janet la peste suffisante et qui ne tient pas en place. Une galerie haute en couleurs et surtout qui refuse catégoriquement les étiquettes, comme le roman lui-même. On notera aussi le personnage du professeur Maïakovski au c½ur de l'Antarctique, dont le destin tragique compte parmi les fulgurances du roman. Et elles sont nombreuses ces scènes inoubliables : le Brakebills Sud et le voyage pour y arriver, la détresse de Julia, l'affrontement final à Fillory, le Pays du Ni (clin d'½il aux Monty Python)... Les beaux passages ne manquent pas.

Définitivement, c'est le ton noir qui mélange humour et sérieux qui séduit, un registre résolument adulte à mille lieux des ½uvres enfantines qu'on nous a servies. Les Magiciens contient du sexe, de la violence, de la drogue et surtout de la haine, la haine de la banalité de la vie, de son caractère insipide et de la nécessité de s'échapper par la magie. Grossman réussit en un seul et unique volume là où Rowling n'a jamais réellement convaincu. En d'autres termes, ce roman n'est rien de moins qu'un sacré tour de force, une petite pépite à savourer.

De magie, Les Magiciens en déborde. Une magie autre et irrévocablement adulte. Dans le roman de Lev Grossman, on découvre un monde aussi fantastique et surprenant que noir et drôle. Ciselée dans sa construction et multi-référencée, l'½uvre ne serait rien sans des personnages simplement parfaits et inoubliables. L'Atalante frappe fort, Harry Potter version adulte selon Lisa Tuttle, des compliments d'auteurs tels que Cory Doctorow , George R. R. Martin ou Elizabeth Hand, Les Magiciens mérite tout cela et plus encore. Laissez le vieux Harry aux oubliettes, abandonnez la vieille bicoque de Poudlard et rejoignez Quentin. Vous verrez, c'est magique.
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