Quatrième de couverture
Dans notre monde, il n'y a pas une musique, mais des musiques. Certaines d'entre elles relèvent d'un " art de haute culture ", essentiellement constitué par les chefs-d'oeuvre du passé qui se prolongent dans des oeuvres aux langages novateurs et perturbants. A travers les concerts, les théâtres lyriques, les festivals, elles semblent entraînées dans une hausse non maîtrisable des coûts et requièrent pour survivre un accroissement constant du mécénat public, alors même qu'elles ne touchent qu'une audience minoritaire. D'autres musiques - dites " légères ", " de variétés " ou " populaires " - s'inscrivent délibérément dans des préoccupations économiques et relèvent désormais de cette Kulturindustrie, si violemment critiquée par Adorno. Cependant, l'opposition entre elles n'est peut-être pas aussi radicale qu'on l'a dit. Pour toutes les musiques, la transmission par les médias (disque, radio, télévision, cinéma), l'emporte désormais sur la communication directe, mais le spectacle vivant reste essentiel. Les musiques " sérieuses " sont fréquemment appelées à se soumettre aux impératifs du commerce et bien des " musiques légères ", accédant au statut d'oeuvres culturelles, peuvent espérer bénéficier, elles aussi, sinon d'aides directes, du moins de mesures de soutien de la part des pouvoirs publics. Placé sous la direction scientifique de Robert Wangermée, Président du Conseil de la Musique de la Communauté française et professeur à l'Université libre de Bruxelles, ce livre réunit quelques-uns des meilleurs spécialistes européens, sociologues, économistes... Il apporte une réflexion nouvelle sur les réalités et les perspectives d'un monde musical confronté à la double logique de la culture et du profit, une réflexion impliquant aussi l'analyse des politiques souhaitables et possibles pour la musique, aujourd'hui.