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Les manuscrits de Tombouctou [Broché]

Jean-Michel Djian
4.6 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (8 commentaires client)
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Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'introduction

Voilà près d'un millénaire que la plus énigmatique des cités du Sahel nargue l'humanité, tantôt par son commerce de sel et d'or, tantôt par son patrimoine intellectuel et architectural flamboyant. Longtemps, atteindre cette cité malienne de quelque trente mille âmes à un millier de kilomètres de Bamako était une épopée qui relevait d'une curiosité de pèlerins, d'aventuriers et d'explorateurs. Une épopée à la hauteur du mythe.

Après René Caillié - qui séjourna treize jours dans la cité en 1828 -, l'anthropologue Heinrich Barth atteignit Tombouctou en 1853 (voir p. 32 les récits de René Caillié, Heinrich Barth et Félix Dubois). Le scientifique allemand fut un des premiers à découvrir les manuscrits de la cité et en particulier le Tarikh es-Soudan d'Abderrahmane Es-Sa'di, chronique qui décrit la vie sociale des Africains du Sahel au XVIIe siècle. Car bien plus que l'or et le sel, les manuscrits sont le trésor inestimable de Tombouctou.

Au coeur de l'Afrique subsaharienne des XVe et XVIe siècles, Tombouctou, cité florissante, attirait enseignants et étudiants, protégés par l'empereur du Songhaï, notamment l'Askia Mohammed. C'est là que se partageait et se propageait le savoir. L'enseignement et le livre prospéraient et tous les métiers en profitèrent : copistes, libraires, répétiteurs, relieurs, traducteurs, enlumineurs...

On venait d'Égypte, d'Andalousie, du Maroc ou de l'Empire du Ghana pour suivre des cours à l'université de Sankoré. En pleine gloire, la ville accueillait ainsi plus de vingt-cinq mille étudiants.
Sur des parchemins, sur des papiers d'Orient, sur des omoplates de chameaux ou des peaux de mouton, tout était noté, commenté, référé sur une base calligraphique inspirée du magribi, sorte d'écriture arabe cursive qui permettait d'économiser le papier : le cours du sel et des épices, les actes de justice, les ventes, les précis de pharmacopée (dont un traité sur les méfaits du tabac), des conseils sur les relations sexuelles, des précis de grammaire ou de mathématiques.
Après l'effondrement de l'Empire songhaï au XVIIe siècle, ces manuscrits ont été conservés dans des cantines rouillées et des caves poussiéreuses, mangés par le sel et le sable. Et oubliés.

Mais depuis quelques années déjà, les langues se délient. Ainsi, en 1980, on eut vent à Genève d'un trafic de parchemins volés à Tombouctou et revendus à «prix d'or» à New York. C'est en entendant ce genre d'histoires, avérées ou non, que les populations du nord du Mali et sa diaspora se sont mises à parler. Dans la région de Tombouctou d'abord où des milliers de familles cherchent à savoir pourquoi elles détiennent chez elles, depuis plusieurs générations, quantité de manuscrits dans des cantines rouillées entreposées dans leurs greniers. En Afrique subsaharienne et plus particulièrement au Mali ensuite, où tout un peuple s'interroge sur l'origine d'écrits dont il ne sait pratiquement rien. Dans le reste du monde enfin, où l'intérêt scientifique d'un tel patrimoine commence à semer le trouble chez nombre d'historiens américains, sud-africains et européens désormais persuadés que l'oralité, seule, ne peut expliquer toute l'histoire du continent Noir.

(...)

Revue de presse

Qu'y a-t-il exactement dans le fameux patrimoine de Tombouctou que saccagent les milices islamistes ? Un ouvrage révèle la richesse et la beauté de ce qui s'est pensé et écrit, pendant un millénaire s'il vous plaît, dans cette ville mythique du Mali...
C'est après son séjour en ces lieux et la visite de quelques-unes des 34 principales collections privées de la ville, dont la fantastique Bibliothèque Mamma-Haidara, que germe dans la tête de Jean-Michel Djian l'idée du livre qui allait lui prendre six ans de sa vie. Au fil de ses recherches, il découvre qu'il y a «un loup dans cette histoire», dans les raisons de l'oubli qui a englouti ces manuscrits entre la fin de l'Empire songhaï et le XXe siècle : l'alliance objective entre les griots, qui voyaient dans l'écrit une menace pour leur pouvoir, et les colonisateurs, français ou marocains, qui ont pillé ces bibliothèques...
Au total, le résultat de ce travail collectif, qui atomise tant de préjugés racistes, qui balaie tant d'idées fausses sur l'Afrique, notamment celle, malheureusement accréditée par nombre d'Africains eux-mêmes, qui voudrait qu'elle fût d'abord et avant tout une civilisation de l'oralité, est proprement bouleversant...
On en conseille la lecture à tous les hommes politiques du XXIe siècle, qui feraient bien de méditer aussi «A propos des bons principes de gouvernement», traité de science politique écrit au XVe siècle, dont Jean-Michel Djian est persuadé qu'il a été «pompé» par Machiavel : «Il y a dans ce texte beaucoup de choses que l'on retrouve, presque mot pour mot, dans "le Prince", un siècle plus tard.» On y découvrira enfin quelques extraits d'un fantastique inédit : un jour qu'il travaillait à la bibliothèque Mamma-Haidara, le professeur Georges Bohas découvre avec stupéfaction un texte inconnu, «Histoire du Bicornu», qu'il identifie tout de suite comme une version arabe d'un écrit qu'il connaît bien dans sa version syriaque, «le Roman d'Alexandre». Il décide de le traduire ! Un enchantement digne des «Mille et Une Nuits» à paraître en novembre chez Actes Sud sous le titre «Alexandre à Tombouctou», et premier volume d'une nouvelle collection. On n'a pas fini d'entendre parler des trésors de «la Perle du désert». (Bernard Loupias - Le Nouvel Observateur du 4 octobre 2012)

Ces textes composés en caractères arabes prouvent à l'envi l'appartenance séculaire 
de l'Afrique 
au monde 
de l'écriture. l'heure où Tombouctou, la «cité des 333 saints», est sous les feux de l'actualité à cause de l'occupation qu'elle subit de la part d'islamistes en armes, cet ouvrage, d'un grand intérêt scientifique et iconographique, arrive opportunément pour évoquer en détail les fameux manuscrits de Tombouctou qui sont depuis des siècles le trésor enfoui de cette cité dans les sables. On en compterait 900 000 éclatés entre Tombouctou, Kidal et Gao, dont 100 000 à Tombouctou. Les plus anciens dateraient du XIIIe siècle de notre ère. Ils sont liés à la pénétration de l'islam en Afrique par le désert, deux siècles plus tôt. L'abondance de ces textes coïncide avec l'apogée de l'Empire songhaï (XV-XVIe siècle), période pendant laquelle la ville de Tombouctou, carrefour de cultures et de peuples venus d'Égypte, d'Andalousie, du Maroc et de l'empire du Ghana, accueille plus de 25 000 étudiants. 
Le livre prospère et on ouvre des bibliothèques privées. (Muriel Steinmetz - L'Humanité du 6 décembre 2012)

L'occasion de balayer certaines idées reçues sur le continent africain et son absence de tradition écrite...
Coran, contes, poèmes épiques, traités juridiques, politiques, textes scientifiques ou médicaux... le savoir est consigné par des centaines de copistes jusqu'à la chute de l'Empire songhaï au XVIIe siècle. (Le Magazine Littéraire, décembre 2012)

Quelle émotion ! Il suffit de feuilleter le livre de Jean-Michel Djian pour être transporté dans le temps et dans l'espace. Oui, Les Manuscrits de Tombouctou, présentés par le journaliste de France Culture et grand connaisseur de l'Afrique, constituent l'une des plus extraordinaires bibliothèques de la planète. (Marianne Payot - L'Express, février 2013)

Un mot de l'auteur

Quand j'ai commencé ce travail il y a 6 ans, je ne me doutais pas de ce qui allait arriver au Nord Mali. C'était impensable tellement les habitants participaient à m'aider dans la recherche de ces manuscrits, à les comprendre. A prendre conscience de leur propre histoire. Et puis voilà, en l'espace de deux ans à peine, une chape de plomb obscurantiste est venue s'abattre sur la mémoire de Tombouctou. Sur ce trésor inimaginable de savoirs et de connaissances. C'est à ces habitants isolés que je dédie mon livre, à tous ceux qui n'abdiquent pas et qui résistent.

Jean Michel Djian

Biographie de l'auteur

Journaliste, producteur à France Culture, rédacteur en chef de la revue France Culture Papiers, Jean-Michel Djian a initié l’Université ouverte des Cinq Continents à Tombouctou. Il est l’auteur de deux biographies : une sur Léopold Sédar Senghor (Gallimard, 2005) et l’autre sur Ahmadou Kourouma (Le Seuil, 2010).
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