Les marins perdus, opus moins connu de Jean-Claude Izzo que la désormais célèbre trilogie marseillaise, est un nouvel exemple de l'amour que l'auteur porte à sa ville qu'il décrit merveilleusement. L'histoire de Diamantis, Abdul Aziz et Nedim, marins dont le cargo est abandonné dans le port de La Joliette par un armateur peu scrupuleux, vient illustrer une réalité de plus en plus fréquente. Chacun a son passé, qui ressurgit une fois bloqués à terre. Diamantis recherche une femme, aimée il y a 20 ans et abandonnée dans ce port, Abdul Aziz vit cruellement le dilemme du choix d'être marin plutôt que mari, quant à Nedim, encore jeune, il cherche sa voie. Nous avons perdu en J-C Izzo un auteur rare, original, dont les ouvrages trop peu nombreux sont tous, un par un, un chef d'oeuvre.