"Les Masques de Wielstadt" est le deuxième roman de Pierre Pevel - après
Les Ombres de Wielstadt - à se dérouler dans son XVIIe siècle alternatif. Les deux ouvrages sont tout à fait indépendants, et nombreux sont les passages ici qui résument les événements du premier volume. Tout est d'ailleurs tellement bien réintroduit que certains chapitres deviennent un peu ennuyeux pour celui dont les péripéties du premier tome sont encore bien fixées en mémoire. Les redites vont même jusqu'à reprendre et expliquer par moment quelques-unes des pages qui viennent d'être tournées ! Ajoutons les rappels historiques amenés sans grâce et assenés par paragraphes entiers ou par d'interminables et trop nombreuses notes de bas de page, et l'on retrouve une action saccadée, sans cesse interrompue, qui manque de fluidité. Même si ces détails historiques méritent bien d'être connus ! Peut-être Pevel aurait-il plutôt dû insérer en fin d'ouvrage une annexe qui lui aurait permis de regrouper hors du récit ces informations, qui sont intéressantes sans être capitales ?
Ce deuxième volume des aventures du chevalier Kantz présente par ailleurs un background moins riche que celui du premier roman. Le décor qui faisait de Wieldstadt une ville si originale n'est cette fois qu'anodin : le Dragon qui veille sur la cité n'apparaît qu'à peine, et encore, sans aucun rapport avec l'histoire. La Dame en Rouge, elle, voit son rôle étoffé, même si le mystère reste entier quant à sa fonction dans la ville. Les personnages secondaires qui faisaient toute la richesse des "Ombres de Wielstadt" ne font ici que de brèves apparitions, et l'on se retrouve avec un texte plus classique, centré sur le personnage de Kantz ' on commence d'ailleurs à en savoir un peu plus sur son historique. L'influence du jeu de rôle dans la narration et la diversité des personnages des "Ombres" était perceptible ; ce n'est malheureusement plus le cas ici.
Dans l'ensemble, voilà donc un ouvrage qui se lit avec plaisir, une histoire pleine de rebondissements dans un décor ciselé avec soin. Mais si l'auteur avait pu prendre tout son temps lors de la rédaction des "Ombres de Wielstadt", il n'a certainement pas pu s'appliquer autant pour ce deuxième épisode des aventures du chevalier Kantz. Ça se ressent...