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Les naufragés du Batavia : Suivi de Prosper [Poche]

Simon Leys
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

En 1629, un naufrage frappa l'imagination du public plus fortement encore que ne le fera celui du Titanic près de trois siècles plus tard : celui du Batavia, gloire de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, qui sombra au large de l'Australie. A peine sauvés de la noyade, les trois cents rescapés tombèrent sous la coupe d'un des leurs, un psychopathe visionnaire, qui, secondé par une poignée de disciples, entreprit méthodiquement de les massacrer. Simon Leys, qui a séjourné sur les lieux du drame, a constaté que, paradoxalement, les naufragés auraient fort bien pu y couler " une existence non dénuée de charme ". Ne pourrait-on voir dans ce massacre un microcosme des horreurs engendrées à notre époque par les idéologies délirantes qui promettent le paradis sur terre ?

Quatrième de couverture

En 1629, le Batavia, orgueil de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, fit naufrage en bordure d'un archipel de corail, à quelque quatre-vingts kilomètres du continent australien. A peine sauvés de la noyade, les trois cents rescapés tombèrent sous la coupe d'un des leurs, un psychopathe visionnaire, qui, secondé par une poignée de disciples, entreprit méthodiquement de les massacrer.
En son temps cette tragédie du Batavia frappa l'imagination du public, plus encore que ne pourra le faire le naufrage du Titanic au XXe siècle.
Simon Leys, qui a séjourné sur les lieux du drame, a constaté que, paradoxalement, les naufragés auraient fort bien pu y couler « une existence non dénuée de charme ». Ne pourrait-on voir dans cet aberrant massacre un microcosme des horreurs engendrées à notre époque par les idéologies délirantes qui promettent le Paradis sur terre ?
Le deuxième récit qui complète ce volume relève d'une tout autre inspiration. L'auteur y relate une expérience de jeunesse : embarqué pour la durée d'un été sur un thonier breton - un des derniers voiliers de pêche - il s'est trouvé initié au métier de la mer dont il décrit les usages, les épreuves et les dangers. Il a fixé ici le souvenir de compagnons fraternels et de leur monde maintenant disparu. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Détails sur le produit

  • Poche: 125 pages
  • Editeur : Seuil (8 avril 2005)
  • Collection : Points
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2020654350
  • ISBN-13: 978-2020654357
  • Moyenne des commentaires client : 4.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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Par Rafahello
Format:Poche
Les naufragés du Batavia, ou l'impossibilité d'une paix sociale hors de l'Etat. Simon Leys nous offre un (court) résumé du calvaire vécu par les passagers de ce navire, symbole de la puissance hollandaise de l'époque. Passagers appartenant donc à l'une des sociétés les plus "évoluées" du XVIIe mais transformés, à cause de la soif de pouvoir de quelques uns, en animaux dénués d'humanité.
Cette histoire est tout bonnement incroyable, hallucinante. Et dire que tout est vrai!

Une critique malgré tout: Leys a bien mais trop synthétisé et nous restons quelque peu sur notre faim. Il a cependant la sympathie de nous guider vers le livre apparemment beaucoup plus fourni de Mike Dash, L'Archipel des hérétiques. Un livre que je lirai donc, tant cet évènement est, je le répète, stupéfiant.

Et comme le dit si bien Leys: "Une société civilisée n'est pas nécessairement une société qui comporte une moindre proportion d'individus criminels et pervers - simplement, elle leur donne moins l'occasion de manifester et d'assouvir leurs penchants."
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
L'appel du large 15 juin 2011
Par Le Bison TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:Poche
Bien avant le Titanic, un naufrage marqua aussi fortement l'imaginaire du public. Nous sommes en 1629. Le Batavia, navire marchand hollandais, fait la route vers Java, mais sombra au large des côtes australiennes. L'histoire aurait pu s'arrêter là : un banal naufrage comme il y en eu tant à l'époque. Des noyés certes, mais aussi des survivants, qui auraient peut-être mieux fait de se laisser aller à la noyade, car leur destin fut encore bien plus cruel qu'une agonie sous-marine de quelques minutes. Simon Leys retraça l'histoire de ce naufrage et surtout de l'après... L'île sur laquelle se réfugient les naufragés a tout pour être paradisiaque. Aux alentours, on y trouve de l'eau potable, des fruits sauvages, des kangourous, des poissons et de succulentes langoustes. Et pour organiser cette nouvelle vie, un chef parmi les naufragés se désigne tout naturellement... Ce chef sera autoritaire, sanguinaire, totalement dépourvu de bon sens et sombrera dans la folie dictatoriale. Mais je ne vous en raconte pas plus... « Les Naufragés du Batavia », montre l'Homme, tel qu'il est lorsqu'il s'éprend du pouvoir, comment une idéologie peut transformer le Paradis Terrestre en enfer damné loin de toute rationalité.

Autre lieu, autre époque. Le temps d'un été de 1958, le temps d'une marée (marée = campagne de pêche en langage de vieux loup de mer), Simon Leys s'engage sur un thonier, une expérience de jeunesse. Pas n'importe quel bateau de pêche... Le « Prosper », l`un des derniers thonier à l'ancienne, grande voile et fils de pèche alignées dans la mer. Il y décrit de fabuleuses rencontres, sur terre puis sur mer, il y rencontre des êtres bourrus en mer et bourrés sur terre. Il y parcourt l'un des métiers les plus durs, les plus masculins mais aussi des plus solidaires où le risque perpétuel rapproche les hommes, forge les amitiés et le respect.

2 nouvelles sur la Mer, sur les Marins, sur l'Homme !
2 magnifiques textes sur la littérature maritime...
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Ode à la civilisation 21 avril 2012
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Broché
Simon Leys sait ce qu'il coûte d'analyser et de prendre parti contre le totalitarisme, les déviances liberticides, mensongères, mortelles, d'un homme et de son parti. Il a vécu dans la Chine de Mao et eut le courage, en son temps, de démentir l'idéologie communiste maoïste qui embrumait violemment les esprits dans une sombre folie vide d'espérance. L'auteur est un passionné de la mer. La conjugaison de ces deux passions ont produit ce recueil comprenant deux récits; celui du naufrage du navire hollandais le "Batavia" en 1629 et celui d'une aventure sur un voilier breton pour pécher le thon, au large du Morbihan, en 1958.

1/ "Les naufragés du Batavia"

En 1629 un navire de la compagnie des Indes orientales fait route avec près de 400 personnes, hommes, femmes enfants de tous âges et de toutes conditions sociales, vers Java. L'approximation des moyens de navigation fit dériver le navire plus à l'Est et le conduisit à se drosser sur les côtes sauvages de l'Australie occidentale où il sombra. A peine sauvés de la noyade, les trois cents rescapés tombèrent sous la coupe d'un psychopathe. Alors que les ilots sur lesquels ils s'étaient établis étaient hospitaliers et auraient permis de vivre correctement, la communauté va sombrer dans la violence, la démence et l'absence radicale d'interdits, sous la féroce gouvernance d'un homme et de ses quelques sicaires. Au 17ème siècle, cette tragédie, nous précise l'auteur, "frappa l'imagination du public, plus encore que ne pourra le faire le naufrage du Titanic". Comment une petite société peut-elle se désagréger et se recomposer dans la folie apprend beaucoup sur la nature de l'homme. D'un côté les courageux qui, dans ces circonstances de désastre, affirment des principes de vie disciplinés respectant l'Autre (une vingtaine de ces hommes fut séparée du reste sur une île éloignée et sut résister, sans armes) et de l'autre, la masse des apeurés, lâches, hésitants qui vont subir la tyrannie d'un fou.

"Une société civilisée n'est pas nécessairement une société qui comporte une moindre proportion d'individus criminels et pervers (celle-ci est probablement à peu près constante dans tous les groupements humains) - simplement, elle leur donne moins souvent l'occasion de manifester et d'assouvir leurs penchants." - p.50

Ce récit dément le rousseauisme et s'oppose aux racines idéologiques du libéralisme. C'est bien la société, par l'exercice du pouvoir, de l'Etat, qui peut - selon la nature de cet Etat- rendre bon l'homme. Je reprends l'analyse de Paul Jorion Le Capitalisme à l'agonie :

"Le libéralisme invoque "la naturalité" de ses revendications : l'intervention minimale de l'Etat qu'il appelle de ses voeux correspondait aux exigences de l'essence même de l'homme. Mais, lorsque cette essence même de l'homme est décrite, il s'agit toujours d'un homme étonnamment a-social, fâché avec ses contemporains, qui réintroduit dans l'univers domestiqué de la démocratie la logique de l'"état de nature" au sens de Hobbes [la lutte de tous contre tous], à propos duquel celui-ci notait que la guerre civile que traversait l'Angleterre à son époque offrait une bonne approximation." (p.40)

Je complète par celle de Leo Strauss (Droit naturel et histoire) :

"Le relativisme libéral est enraciné dans la tradition de tolérance du droit naturel, ou dans l'idée que n'importe qui a le droit naturel de rechercher le bonheur tel qu'il l'entend; mais pris en lui-même, il est un séminaire d'intolérance."

2/ "Prosper"

Simon Leys a excipé du passé ce récit écrit dans sa jeunesse. En 1958, âgé de 23 ans, avant son départ pour la Chine, l'auteur embarque sur un voilier de pêche à Etel, au Sud du Morbihan (quelle magnifique région !), pour une marée. Il décrit la vie de ces marins rares vestiges d'une marine à voile en train de disparaître. Micro étude sociale, invitation au voyage, anthropologie, aventure, nostalgie : les ingrédients d'un bon récit sont bien mis en exergue par le style clair de l'auteur.
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