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Les réflexions issues des débats historiques du Bicentenaire offrent des perspectives neuves et originales sur la Révolution française que l'on retrouve dans ce petit essai de Roger Chartier, grand spécialiste d'histoire de la lecture et d'épistémologie historique,. L'auteur se met en quête des mutations de croyance et de sensibilité qui ont rendu acceptable la destruction si rapide et si profonde de l'ancien ordre politique et social. En ce sens, il émet l'hypothèse iconoclaste de la possible invention des Lumières par la Révolution, décrit l'émergence d'une opinion publique et d'une nouvelle culture politique, analyse la déchristianisation de la société française et la désacralisation du roi, et s'interroge enfin sur le pouvoir des livres dans la naissance des révolutions. Loin d'établir des causalités nécessaires, introduisant doutes et interrogations dans notre appréhension de l'événement, l'historien tente de repérer avec succès "certaines des conditions qui l'ont rendue possible, parce que pensable". --Hervé Mazurel
Quatrième de couverture
Les révolutions ont-elles des origines culturelles ? Ce livre en forme d'essai, tout en reconnaissant la dynamique propre de l'événement, irréductible à ses raisons, s'attache à identifier les innovations et les ruptures qui l'ont rendu possible. Certaines s'inscrivent dans le temps court des dernières décennies de la monarchie ; ainsi la constitution d'une culture politique originale, la proclamation des droits souverains de l'opinion publique, ou les distances prises vis-à-vis du mythe royal comme des enseignements de l'Eglise. D'autres plongent plus loin leurs racines, dans les mutations de croyance et de sensibilité portées par le partage que l'absolutisme a instauré entre les exigences de la raison d'Etat et les conduites situées dans l'ordre du particulier. Ce qu'il s'agit, avant tout, de comprendre est le double paradoxe de la Révolution qui connaît le surgissement d'une violence multiple au sein d'une société pourtant largement pacifiée et qui achève un siècle soucieux des plaisirs et des devoirs de l'existence privée par un extraordinaire investissement dans la chose publique.


