lorsque des proches sont touchés par la maladie, que voyons nous dès qu'ils franchissent le seuil de la salle d'attente ? quel est leur quotidien?
entre le monde des médécins, qui disent la maladie et la thérapie et le monde du dehors, nous, il y a cet entre-deux mondes, celui de la salle d'attente, celui des patientes, lorsqu'il s'agit du cancer du sein
dans cet espace, elles apprennent à voir la maladie : l'impatience des débuts, les angoisses, les évolutions du traitement, la discipline qui peu à peu gagne les corps
dans cette chronique de la vie quotidienne d'une patiente, tous ces silences, tous ces regards, nous touchent
les patientes s'approprient, à leur façon, de cet espace
c'est un magnifique témoignage
j'avais lu la belle critique du monde :
http://www-org.lemonde.fr/livres/article/2010/01/30/le-cancer-comme-experience_1299020_3260.html
(extrait)
Entre récit et journal intime, l'auteure laisse errer ses pensées qu'elle nous livre depuis les rues attenantes à l'hôpital, en passant par la salle d'attente, jusqu'à la machine à rayons, "Orion". De là, naît un témoignage étonnant sur un autre ordinaire, celui que crée et impose la maladie. Dans ce microcosme provisoire, le cancer perd son caractère exceptionnel ; il devient un élément de référence du quotidien. "Mon travail c'est de me soigner. C'est un travail à part entière", écrit-elle. Les "collègues" sont les autres patientes. Les autres, exclus du cadre, sont des intrus de ce monde intérieur.
Nulle part l'auteure ne dramatise ni ne sombre dans le suspens ou le voyeurisme. Il ne s'agit pas d'un récit sur l'horreur que représente un cancer. Les détails pathétiques et tragiques, les descriptions morbides sont soigneusement évités.