"Les petites mécaniques", c'est le titre de ce recueil, publié en ce début d'année par Mercure de France. Un titre emprunté à Pascal, cité en prologue: "nous sommes de bien petites mécaniques égarées par les infinis". Des infinis que l'auteur, romancier et scénariste dévoilé en 1999 par Balland et lauréat du prix France Télévision 2000 avec "J'abandonne", explore au long de ces textes ciselés. Treize nouvelles, pas plus, pas moins. Des textes très courts, pour la plupart. Et pourtant... impossible de n'en rien retenir! Qu'elles tournent en ridicule le forçat, qu'elles nous suggèrent que Rimbaud n'est pas mort à Marseille le 10 novembre 1891, que le jugement dernier se traduit à l'image d'une ruche pour la vierge Tania, reine d'un jour -ou d'une nuit?- éternelle ou bien que l'homme perdu dans ses infinies solitudes trouve pour seule réponse une représentation du Christ, les petites mécaniques de Claudel surprennent.. Qu'il traîne le romancier dans le ruisseau pour le faire survivre de manuscrits de second ordre vendus à la sauvette à des passants en mal de lecture, de bonté ou de gloire... ou qu'il retrace le chemin de rédemption de l'homme à l'infini, immanquablement, Philippe Claudel séduit! Il y avait longtemps que je n'avais lu de nouvelles de cette qualité. Surtout dans des petits formats. C'est peut-être pour cela que je n'oserai en dire plus, sinon... Bravo!