Adapté de sa propre bande dessinée éponyme de 2005, 'Les petits ruisseaux', ce long-métrage de Pascal Rabaté (réalisateur entre-temps du muet 'Ni à vendre, ni à louer') raconte l'histoire d'un vieillard qui réapprend à être heureux.
Daniel Prévost (72 ans) et Philippe Nahon (73 ans) sont deux vieux retraités qui occupent leurs journées en pêchant. Au hasard d'une discussion et d'un passage de Prévost chez Nahon, Prévost découvre des facettes inattendues de la vie privée de celui-ci : il peint des femmes, nues, très provocantes, dont il orne certains endroits-clés de conséquentes touffes de laine pour les rendre plus vraies que nature ; mais surtout, il ne fait pas que peindre, il 'mignotte' aussi, des dames, qu'il rencontre grâce aux petites annonces, et même s'il n'arrive pas toujours à conclure, la chose se termine quand même souvent en exploration de draps. Des confessions qui ouvrent à Daniel Prévost, veuf depuis longtemps, des horizons que celui-ci croyait avoir loin derrière lui...
Peu de temps après, Philippe Nahon meurt brusquement en peignant (il faut toujours se méfier des trop grandes émotions quand même avec l'âge !) et, à l'occasion de son enterrement, Daniel Prévost fait la connaissance de la dernière conquête en date de celui-ci, l'élégante Bulle Ogier (72 ans), qui ne semble pas indifférente à son charme. Hanté par le souvenir de sa défunte épouse, il hésite toutefois à franchir le pas et prend ses jambes à son cou. Il part même pour une petite virée qui lui vaut de faire la connaissance d'un petit groupe de néo-hippies qui vont eux aussi contribuer à élargir son nouvel horizon. Sur le chemin du retour, au volant de la 'caisse à outils' qui lui sert de voiture, il a un accident qui lui vaut de rencontrer la charmante Hélène Vincent (68 ans)...
Les vieux schnocks sont à l'honneur : après Jean-Pierre Marielle dans 'Faut que ça danse !', c'est donc Daniel Prévost qui s'y colle : après 70 ans, il arrive que le goujon frétille encore et donc il vaut mieux le jeter à nouveau 'à l'eau'... Eh oui, il y a encore une vie après la retraite et le veuvage, et il est même encore possible que de connaître quelques menus plaisirs de la chair, sans parler des feux de l'amour, qui parfois réussissent eux aussi encore à brûler un peu.
Sobrement interprété par le formidable Daniel Prévost qu'entourent l'excellent Philippe Nahon, mais surtout les épatantes Bulle Ogier (également dans 'Faut que ça danse !') et Hélène Vincent, sans parler de Julie-Marie Parmentier, ce sympathique long-métrage, qui pourrait être de Jean Becker, détend, rend optimiste (pour l'avenir surtout), remet les pendules à l'heure, et les désirs à leur place, et nous vaut un divertissement non dénué de fond qui laisse un bon petit-arrière-goût de revenez-y. Alors, faites comme Daniel Prévost : remisez votre canne à pêche et passez au « gibier à poils » (c'est d'un goût !) et vive les femmes !!!
A noter : la sortie du premier numéro de la revue (mais en fait c'est un livre) 'Schnock', avec justement Jean-Pierre Marielle en couverture et en sous-titre « Le travail ? Non, merci ! » qui s'adresse justement aux vieilles branches encore bourgeonnantes...