Le premier tome tient du chef d'oeuvre. Le mutisme incompréhensible de la presse (à l'exception d'un bel article dans DBD) n'a pas encore permis à ce dyptique de trouver le large public qu'il mérite. Hélas, le deuxième tome, en forme de long flash-back, pâtit des contraintes budgétaires pesant sur l'éditeur.
Il s'agit ni plus ni moins de l'émergence du monothéïsme sémitique, et donc du judaïsme, en réaction à la révolution du Culte d'Aton conçue par Amenophis IV, mieux connu sous son nom d'Akhenaton.
Le deuxième tome brasse habilement, mais de façon trop condensée, de nombreux mythes de l'âge du bronze. En particulier la chute de la civilisation minoéenne, assimilée à l'Atlantide, et les 7 plaies d'Egypte expliquées par l'explosion du volcan Santorin. Les données archéologiques attestent la crédibilité du scénario qui y mèle habilement la théologie du culte d'Amon-Râ. Le désemparement du peuple égyptien, se croyant abandonné des dieux est excellement rendu.
Loin d'un exposé sec et ennuyeux, Igor Barenko y insuffle du suspense et une sensualité bienvenue. Son trait est magistral, mais les cases se bousculent au risque d'étouffer le dessin. On regrette de ne pouvoir s'attarder en compagnie de la grande prétresse du culte du Minotaure. De ne pas assister plus avant aux ravages du désordre climatiques lié à l'éruption. A l'invasion des peuples de le mer - autrement dit les Philistins de la Bible - premiers réfugiés climatiques recensés de l'Histoire sur les paroies du temple de Médinet Habou...
Idéalement, il aurait fallut à l'auteur 3 tomes pour exploiter pleinement une thématique ausi riche et conclure avec soin le complot dans l'entourage de pharaon. Les contraintes budgétaires et éditoriales en ont décidé autrement, contraigant manifestement Igor Barenko à densifier son récit, un cran trop fort.
Malgré ces réserves, ce dyptique mérite toute l'attention des amoureux de l'Egypte, du mystère et de l'histoire. A ne manquer sous aucun prétexte.