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85 internautes sur 92 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Parce qu'il est des hommes qui croient encore en l'Homme,
Par Denis Leculee (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les racines du ciel (Poche)
Ce roman est le premier roman de Romain Gary à avoir obtenu le Prix Goncourt. On se rappelera que Romain Gary est d'ailleurs le seul auteur à s'être vu décerné deux Prix Goncourt.Morel, un ancien prisonnier français internés dans les camps du IIIème Reich part vivre en Afrique Equatoriale Française et y défend les éléphants contre les chasseurs et les braconniers. Amoureux de la nature certes, mais aussi et surtout défenseur de cette part de merveilleux qui est dans la nature et dans l'Homme voilà qui est Morel. Romain Gary pose quelques questions sur la nature de l'Homme, son rapport avec ses semblables et son environnement. Toujours avec humour et avec une acuité étonnante. C'est un incontournable. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
C'est fort et c'est bon!,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les racines du ciel (Poche)
Mon titre n'est pas une énigme dont la solution est: "éléphant", mais bien un qualificatif pour ce fantastique bouquin. Merci Romain Gary pour ce moment de bonheur littéraire. C'est tonique, c'est bien écrit, il y a beaucoup de personnages avec des profils et des psychologies variés. L'histoire se déroule dans les années 1950 dans feu l'AEF (Afrique Équatoriale Française). Gary nous peint le portrait de ces baroudeurs tous un peu fatigués de l'humanité et qui ont décidé de s'exiler plus ou moins volontairement dans une colonie bien reculée où il n'y a à peu près rien à faire ni à gagner mais où l'on est peinard. Tout commence à aller de travers quand un gars plus têtu et plus accroché à un idéal que les autres, Morel, décide de s'engager dans une lutte pour la sauvegarde des éléphants, victimes de véritables tueries, aussi bien par les colons blancs que par les populations locales. Tant que Morel reste dans le registre de la pétition, tout le monde lui rit au nez et le renvoie avec une tape dans le dos. Un jour, Morel en a marre et décide d'utiliser les armes contre les chasseurs d'éléphants et d'incendier les dépôts d'ivoire. Il est rejoint dans le "maquis" par des personnes aux intérêts divers. L'administration coloniale, toujours soucieuse de sa propre tranquillité (voir à ce propos Max Havelaar ou les ventes de café de la compagnie commerciale des Pays-Bas), sort soudain de sa torpeur pour connaître la peur. Les autorités pensent qu'il s'agit d'une man½uvre politique de la part des indépendantistes. Je ne vous en dit pas plus. Mais l'auteur sait nous faire vivre et partager les visions et les attentes de chacun de ses personnages avec une acuité merveilleuse. L'écologie est la colonne vertébrale de l'ouvrage et en ce sens, il est également remarquable car c'était l'une des toutes premières fois. De plus, le propos n'a pas pris une ride même si l'AEF n'existe plus et que Fort Lamy s'appelle désormais N'Djamena. Un livre universel à mettre entre toutes les mains.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un récit essentiel et puissant.,
Par Gerard Muller "minicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les racines du ciel (Poche)
Les racines du ciel/Romain Gary/Lorsque j'ai décidé de relire ce roman pour la troisième fois en 50 ans, je ne m'attendais pas à y trouver autant de résonnances très actuelles. En fait j'avais connu cette belle histoire en premier lieu par le cinéma en 1958 en allant voir le film de John Huston avec Trevor Howard dans le rôle de Morel. Mon amour de l'Afrique a sans doute commencé ce jour là. Prix Goncourt 1956, ce fabuleux et riche roman est sans doute le premier roman de type écologique. Écologique seulement : non ! Ce serait un raccourci réducteur. Brièvement, l'histoire est celle d'un homme, Morel, qui veut faire cesser en Afrique l'extermination des éléphants, l'image même de la liberté. Citation : « "Quand vous n'en pouvez plus, faites comme moi: pensez à des troupeaux d'éléphants en liberté en train de courir à travers l'Afrique, des centaines et des centaines de bêtes magnifiques auxquelles rien en résiste, pas un mur, pas un barbelé, qui foncent à travers les grands espaces ouverts et qui cassent tout sur leur passage, qui renversent tout, tant qu'ils sont vivants, rien ne peut les arrêter - la liberté, quoi! Et même quand ils ne sont plus vivants, peut-être qu'ils continuent à courir ailleurs, qui sait, tout aussi librement. Donc, quand vous commencez à souffrir de claustrophobie. des barbelés, du béton armé, du matérialisme intégral, imaginez ça, des troupeaux d'éléphants, en pleine liberté, suivez-les du regard, accrochez-vous à eux, dans leur course, vous verrez, ça ira tout de suite mieux..." Par ailleurs sont mis en évidence en filigrane les premiers frémissements de l'idée d'indépendance parmi les populations locales. Le personnage de Waïtiri, comme le dit très bien un lecteur préfigure bien les chefs d'état africains à venir. Morel, un personnage noble, hors du commun, haut en couleur, est parfaitement campé par Romain Gary pour en faire un homme sympathique et intéressant. Morel, l'indomptable, prêt à tout en distribuant initialement des pétitions puis se livrant à des actions plus musclées et parfois comiques contre les chasseurs. Misanthrope apparemment, il se bat pour la liberté et pour l'honneur de l'humanité. Par sa force d'âme et son caractère entier, il force le respect. Soutenu par Minna, orpheline allemande, ancienne prostituée, il va sillonner les savanes avec passion et détermination. Exalté, solitaire, obstiné, idéaliste et ayant une foi inextinguible en sa démarche, Morel s'interroge sur l'impact des humains sur la planète. Citation : «Tout n'est pas encore salopé, exterminé, gâché' il existe encore quelque chose de beau, de libre sur cette terre de merdeux. Les éléphants n'y sont pour rien, pas coupables » de ce que deviennent les hommes et la terre qu'ils habitent, envahissent, détériorent au nom du progrès. Mais finalement, « nous sommes tous des êtres humains, tous d'une même grande et belle famille zoologique. » Gary, à travers Morel s'exprime clairement : « L'Afrique perdra lorsqu'elle perdra les éléphants. Comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie ? » Au delà du thème de la protection de la nature, Gary décrit tout un contexte politico-historique riche en malversations et compromis douteux. La décolonisation est en route. L'ambiance de l'époque est bien traduite par des descriptions précises et dans un style parfait, le beau style de Romain Gary. Une kyrielle de personnages hauts en couleur accompagne déci delà Morel dans sa folle équipée. Un roman à lire et relire assurément, enrichissant et incitant à la réflexion. Quelques dernières citations de phrases que j'ai retenues : « Il m'a souvent paru qu'à partir d'un certain degré de sérieux, de gravité, un homme, dans la vie, est un infirme, on a toujours envie de l'aider à traverser la rue. » « Quel est celui d'entre nous qui n'a jamais été saisi d'une haine aussi soudaine que passagère pour notre espèce ? » « Il y avait là, comme dans tout paysage africain, une place immense à prendre, une place illimitée, et comme mystérieusement désertée par quelque présence formidable' » 500 pages de bonheur ! Magnifique ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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