Le mouvement Völkisch, issu du Romantisme, est en grande partie un refus de la philosophie des Lumières, du capitalisme, de ce que nous appelons progrès, de l'individualisme et de l'intellectualisme. C'est le désir d'un retour vers un passé idéalisé. C'est la réaction de la bourgeoisie et des propriétaires terriens à la transformation de l'ordre social.
Hitler rend cet idéalisme, velléitaire ?, opérant, en le reliant aux masses et aux pouvoirs économiques. Il vide de ce qu''avait d''inacceptable pour l''ordre établi l'anticapitalisme Völkisch : pour transformer l''Allemagne, il suffit d'éliminer les Juifs.
Ce livre prouve que l'histoire est bien plus complexe qu'on ne le croit. La pensée Völkisch est beaucoup moins exotique et ridicule qu'elle le paraît. Non seulement elle a énormément en commun avec la très admirée pensée philosophique et scientifique allemande de l'époque, mais ses thèses réapparaissent régulièrement à chaque fois qu''une crise nous fait douter du chemin que nous suivons. Il y a du Völkish, par exemple, dans les films de Frank Capra ou de Clint Eastwood, ou dans le Tea Party américain, ainsi que dans tous les nationalismes.
Il est aussi curieux de penser que le mouvement Völkish avait en face de lui le Marxisme, autre forme de rejet du capitalisme, qui n''avait décidément pas beaucoup d''amis. Et c'est peut-être là ce qui manque à ce livre : un aperçu de l'accumulation d'événements qui a conduit un peuple au désespoir, et à la recherche de solutions radicales. Nos théoriciens modernes du libéralisme y auraient peut-être vu qu'il y a certaines limites qu'il n''est pas bon de dépasser.