Deux filles et trois garçons partent randonner en Corse sur le fameux GR 20. La difficulté des chemins escarpés va les révéler à eux-mêmes. Ployant sous leurs sacs à dos, Louis, Matthieu et Coralie crapahutent péniblement à la suite de Nadine et de son amant Eric, infatigable guide et véritable tête à claques. Chacun forme des projets : Louis espère se débarrasser de sa collante petite amie dès son retour, Matthieu compte bien en trouver une, Nadine croit au divorce d'Eric et Coralie au prince charmant... Les kilomètres se font de plus en plus sentir et la mauvaise humeur aussi...
"Les randonneurs" a lancé cinq acteurs peu connus à l'époque. Poelvoorde débute réellement sur le grand écran français, et joue admirablement le personnage d'Eric, le guide absolument horripilant. Les autres protagonistes tirent aussi très bien leur épingle du jeu : Vincent Elbaz (Matthieu, le grand con immature), Géraldine Pailhas (Nadine, la jalouse maîtresse d'Eric), Karin Viard (Coralie, l'actrice ratée et pleurnicharde en mal d'amour). Petit bémol pour Philippe Harel (le grincheux Louis), également réalisateur du film, dont la prestation n'est pas des plus convaincantes.
Donc des bons acteurs en général mais malgré une excellente idée de départ, le film est plombé par une mise en scène morne et molle et un scénario qui ne donne pas lieu au déluge d'humour espéré faute d'imagination, alors qu'il pouvait vraiment être propice à des aventures hilarantes. Difficile d'accrocher...
Bien que rappelant assez "Les bronzés", "Les randonneurs" est plus psychologique et les relations entre les personnages sont bien dépeintes, avec leurs lot de mesquineries, jalousie et autres crises existentielles.
Enfin, on pourra mentionner des paysages magnifiques, et "Les randonneurs" a au moins le mérite de ne pas céder aux clichés faciles sur la Corse.
Outre quelques bonnes répliques, l'ensemble demeure donc assez gentil et pas aussi déjanté qu'on pouvait l'espérer. Une petite comédie sympathique mais pas inoubliable.