Malgré le peu de traces écrites objectives de cette époque, l'auteur réussit le tour de force de nous amener dans cette époque terrible qu'a été celle des Rois Mérovingiens.
Pour que nous soyons efficacement réceptifs à son récit, Georges Bordonove prend soin, en guise d'introduction, de nous replacer dans le contexte historique de l'époque. Ce recentrage est opéré avec rapidité, mais il est rigoureux, didactique et pertinent.
Un autre point très important, l'auteur garde une position d'analyse toujours très détachées de tout fanatisme chrétien. En effet, étant donné que l'époque reste un moment pivot d'instauration et de tentative d'assise définitive par Rome du culte chrétien au sein des populations barbares, et que le principal chroniqueur de la période était un évêque, Grégoire de Tours, les faits historiques rapportés par ce dernier étaient plus ou moins colorés de Bien ou de Mal, selon qu'ils étaient considérés comme orthodoxe ou non. Au contraire, Georges Bordonove se détache de la passion religieuse pour nous livrer un récit le plus rationnel possible. Il ne se permet aucune spéculation et livre l'Histoire telle qu'il l'a connait.
Ce récit n'est jamais ennuyeux, car il se replace constamment dans le contexte historique afin que le lecteur ne soit perdu à aucun moment, et il énonce avec verve les temps forts qui ont aider à bâtir les fondations de la période.
Avec cet essai, on conçoit toujours mieux, que par nature humaine, des hommes ont toujours tenté d'imposer leur pouvoir à d'autres, guidés par la prédation du type unique de l'Homme. Quelque soit l'époque et les résultats de leur politique, le seul but en commun à tous était l'intérêt personnel, l'enrichissement et surtout nourrir un certain besoin d'exister, acquérir une valeur personnelle dans les yeux d'autrui.
Tant pis pour les foules martyrisées qui ont "aidé" à leur cause, seul le pouvoir comptait.
Par transposition, on se rend compte que la démocratie, instaurée il y a plus de deux siècles, devenue rapidement une démocratie dirigée appuyée, non plus par un clergé, mais par les médias, nouvelle religion électronique, utilise les mêmes concepts que nos ancêtres barbares pour les mêmes effets, seuls les moyens ont changés. Il est aisé alors de comprendre que l'être humain est un barbare voué à le rester par simple nature...