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Les rues qui racontent Champel-Florissant Broché – 1 avril 2012


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Extrait

L'ÉTRANGE DESTIN DE CHAMPEL

Croyez-vous à la rédemption ? Pour les hommes certes... Mais pour les lieux ? Le plateau de Champel est à cet égard exemplaire : le champ où officiait autrefois le bourreau s'appelle aujourd'hui «Beau-Séjour» ! Là où jadis on coupait les têtes, on soigne et l'on répare les corps. Une clinique a pris la place du gibet. (Rappelons ici que certains bourreaux étaient également réputés pour leurs talents de guérisseurs...)
Comment cet étonnant et ironique retournement s'est produit ? Des siècles durant, les condamnés furent pendus, étranglés, tranchés ou brûlés sur la colline de Champel. Ne disposant pas du droit d'exécuter eux-mêmes ces condamnés, les Genevois devaient les remettre au châtelain de Gaillard, représentant les comtes de Genève ou de Savoie. Ce n'est qu'en 1528, signe d'émancipation politique, que le Conseil eut enfin droit à son propre bourreau.
Les exécutions devinrent un spectacle fort couru. Les voyeurs étaient si nombreux que l'on dut plusieurs fois agrandir l'emplacement : qu'il était bon de frissonner en regardant les autres mourir et de se sentir vivants dans ce monde de brutes ! Les sinistres fonctionnaires faisaient leur numéro en habit noir et violet, mais il était de bon ton de ne jamais applaudir.
C'est ici que périt sur le bûcher l'«hérétique» espagnol Michel Servet. Dans d'atroces souffrances, les fagots étant humides et se consumant à petit feu...

Quand ces horreurs d'un autre temps prirent fin - le gibet fut mis hors service en 1750 -, la mauvaise réputation de Champel retarda longtemps son urbanisation. Ce n'est qu'à la fin du 18e siècle que de hardis propriétaires commencèrent à y faire bâtir quelques maisons. Puis la démolition des fortifications, commencée en 1849, permis l'extension de la ville vers les Tranchées et cette avancée renforça l'attrait de Champel. Des Genevois fortunés et visionnaires s'y taillèrent de grands domaines. Les Bertrand, Calas, Claparède, Gallatin, Pictet... On traça des rues, on planta de beaux arbres. On se promenait en calèche et les élégantes faisaient froufrouter leurs toilettes dans les jardins ornés d'essences nouvelles. C'était la mode : Candolle avait créé son arboretum en 1818 dans le parc des Bastions. Luxe non ostentatoire : nous sommes chez les protestants. On est à la campagne pour l'air pur et les vastes espaces et non pour exhiber ses richesses.

La troisième étape du changement démarra au 20e siècle, dans les années 1950. Timidement, tout d'abord. Les grands domaines, par la division des héritages, furent peu à peu morcelés. Les villas, toujours imposantes, commencèrent à se serrer. Vers 1960, nouvelle poussée immobilière : cette fois de hauts immeubles surgissent le long d'avenues rectilignes. Mais Champel reste un quartier haut de gamme et quasiment un label. L'adresse en impose toujours sur les cartes de visite.
Quatrième évolution, dans les années 1970. La construction de nombreux HLM change la donne et les structures sociales. La population est plus mélangée. À la Coop et à la Migros, les jeans et l'acrylique côtoient la soie et la fourrure. Définitivement ?
Une dernière tendance semble modifier à nouveau cet équilibre. A l'orée du 21l siècle, le prix des terrains s'envole et les rares zones restant à urbaniser ne peuvent plus qu'être accessibles aux promoteurs misant sur des immeubles de haut, de très haut standing. Marbre, accès sécurisés, piscines sur le toit. Des appartements que ne peuvent occuper, sinon acquérir, que des personnes disposant de solides revenus ayant résisté à la crise financière de 2008. Revenus de plus en plus souvent comptés en dollars, en roubles, en riyals, voire en yuans.
(...)


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