« Qui trop embrasse mal étreint », voilà un dicton qui résume assez l'impression générale de ce livre. A trop vouloir généraliser le leadership on fini toujours par dire des banalités, et parfois même des contre-vérités.
Est-ce que le leadership dans les associations à buts non lucratif est identique à celui d'une multinationale ? Est-ce que les critères de sélection du leader d'un musée est comparable au patron d'une PME industrielle ? Certainement pas.
Pourtant, cela ne gêne pas l'auteur pour qui le leadership est une qualité universelle. D'ailleurs il y a 7 clés que le leader doit avoir dans son trousseau. 7 et pas 6 et encore moins 8. Il y a la clé de la diversité (comme si on avait le choix), celle de l'exemplarité (car, ô nouvelle, on management moins bien quand on ne fait pas ce qu'on dit), celle de bien se connaitre (comme si l'ouvrier, lui, pouvait s'ignorer), celle de la résilience (surprise: c'est mieux d'être résistant aux chocs et de rebondir quand on à la responsabilité d'une organisation), celle de l'engagement sociétal (outre la redondance avec la notion de diversité, l'engagement sociétal est, ce que certains spécialistes du langage appellent un effaceur mental, un mot « positif », sans réel contenu mais ouvert à tous les phantasmes ce celui qui s'y intéresse), et enfin la recherche de sens (car diriger sans donner de sens n'aurait pas de sens !).
Décidément, c'est une manie chez les consultants de développer des raisonnements universels en matière de comportement professionnel, au mépris des savoirs développés, notamment depuis les années 60, en matière sociologique, psychologique et anthropologique.
En résumé: Un livre opportuniste (le thème du leadership est en vogue) et boite à outils (format recettes de cuisine avec conseils du chef), comme on en trouve des centaines dans les rayons des librairies outre-atlantique.
Daniel W.