Pour quiquonque a participé à des réunions professionnelles, la prise de décision en groupe reléve parfois plus du sport de combat que d'un processus rationnel dont on ressortirait serein en se disant qu'on a abordé tous les aspects du problème. Le principal reproche qu'on peut adresser aux réunions est d'aboutir à des résultats souvent décevants voire même à des conclusions qui ne satisfont personne.
E. De Bono nous propose dans ce livre une démarche originale de conduite de réunion, facilement applicable, et susceptible selon l'auteur d'augmenter la qualité d'un travail de groupe. Pour qu'un groupe soit créatif et productif, il faut bien entendu que les participants fassent preuve de créativité, d'esprit critique, de sentiments, de logique, et qu'ils apportent des faits, mais, et c'est là l'argument essentiel de l'ouvrage, pas tout en même temps. De Bono propose une démarche séquentielle: tous les participants sont d'abord sur un mode créatif, puis sur un mode critique, et ainsi de suite. L'ordre n'est pas important mais ce qui compte c'est que tout le monde soit sur la même longueur d'onde au même moment.
D'où l'idée des six chapeaux: chaque couleur de chapeau correspond à une attitude. Le vert pour la créativité, le rouge pour les sentiments, le noir pour la critique, le jaune pour l'esprit positif, le bleu pour la logique et le blanc pour l'aspect objectif de la situation (les faits, les données). Pendant la réunion, le groupe décide par exemple de mettre le chapeau (virtuel) vert et tout le monde se lance dans un brainstorming. Puis on prend par exemple le chapeau jaune pour extraire tous les bénéfices possibles des idées ainsi trouvées, et ainsi de suite.
E. De Bono formule sa méthode avec clarté et brio. On ne peut que ressortir entouthiasmé d'une telle lecture, parce qu'elle est enrichissante, stimulante et qu'elle ouvre des horizons nouveaux. La méthode des six chapeaux est-elle efficace? Peut-on la mettre en oeuvre si simplement que ça? Ces questions essentielles n'auront pas de réponses définitives sans une réelle évaluation de ce type d'approches. Mais bien entre nous, cela ne réduit en rien le mérite du livre.