Le film débute comme une comédie avec les retrouvailles de Martine (Isabelle Huppert), Parisienne distinguée et affranchie et Louise (Catherine Frot), arrivant du Mans avec son sourire béat, sa naïveté idiote, ses airs de provinciale complètement dépassée. Puis, au bout d'une vingtaine de minutes, le film s'aventure peu à peu dans un registre différent, plus intrigant : faire surgir la vérité de personnages qui sont le contraire de ce qu'ils paraissent. La mécanique des opposés laisse place à des portraits sensibles, qui se soucient moins d'être drôles que d'être justes et émouvants. Le regard de la réalisatrice pour ses personnages, d'acide devient presque tendre et cette fausse comédie glisse vers une humanité plus douloureuse.