Cette étude concernant uniquement l'Armée française met en évidence les difficultés pour les médecins à traiter les soldats atteints de troubles neurologiques durant la GG. La neurologie réalise ses premiers pas véritables à cette époque et les neurologues balbutient dans leurs traitements. Ils sont tiraillés par les directives de l'Armée qui veut remettre le blessé sur pieds le plus vite possible- pour le renvoyer au front- et par le désir de soigner posément ces malades du mental. Débusquer les simulateurs, les « tarés » héréditaires qui étaient prédisposés à ce genre de troubles, est aussi leur « devoir ». Les soldats commotionnés sont principalement traités par de l'électrothérapie massive. Le fameux « shell-shock » des Anglais ou « l'obusite » des Français n'a pas bonne presse auprès des médecins, du monde politique, ni du pays tout entier. Ces soldats mutiques, aveugles, sourds, paralysés, plicaturés, tremblants alors que « mécaniquement » leurs organes fonctionnent exacerbent les neurologues....
L'étude est assez restrictive et énormément de pages sont réservées au « torpillage électrique », l'auteur focalise son étude sur deux ou trois neurologues qui ne furent pas des exemples de par leurs comportements médicaux, il s'en suivi d'ailleurs de « grands » procès. Car à côté de ces bourreaux, de nombreux médecins sur ce genre de malades firent un boulot magnifique, ce que ne reflète pas cette étude.
Mais n'oublions pas, que la neurologie qui ne traitait au début du 20ème siècle pour ainsi dire que des femmes pour hystérie ou neurasthénie ou des fous des deux sexes, était bien démunie face à ces soldats au regard totalement absent et au comportement apathique ou désordonné ...Ce qui n'absout absolument aucune dérive médicale !