Je découvre David Foenkinos et j'ai envie de continuer la rencontre... Parce qu'il évoque la grisaille de la vie avec les enluminures des petits bonheurs qu'on est parfois malhabile à saisir. Parce qu'on en veut toujours plus. En même temps, ce n'est pas un alibi pour se conforter dans la médiocrité. Il y a une façon d'être, une certaine légèreté de l'âme, qui devrait nous faire apprécier la vie telle qu'elle se présente tout en s'efforçant de créer des moments de poésie pour l'embellir. La sortir de l'ordinaire. C'est une lecture comme une bonne comédie dramatique américaine, et c'est un compliment, la vie des jours, la légèreté des instants magiques, le poids des chagrins, quelques éclaboussures de rires et des moments où l'on se sent vide comme en attente. Voilà, c'est la vie du narrateur. Pataud en contacts humains, quand il ose la tendresse, il provoque les évènements. Il réfléchit sur la vie mais il a l'énergie de la vivre aussi. Après un temps de pause peut être comme s'il voulait prendre une photo de l'instant. Voilà, un livre qui rassemble des instants de vie comme une boîte à trésors d'enfance. Des images en noir et blanc et d'autres en couleurs. Acidulée, amère, douce, ennuyeuse parfois, la vie n'est pas un long fleuve tranquille mais les mots de Foenkinos sont très agréables à lire. Les souvenirs du narrateur titillent nos propres souvenirs. Et si on devenait l'écrivain de sa propre vie en ne ratant pas les opportunités qui lui donneront des couleurs. Bien plus qu'une réflexion sur la vieillesse et le deuil, une invitation à vivre la vie comme un voyage avec des montagnes russes, avec la tendresse au coeur. Jusqu'au bout du chemin ! De quoi envisager la grisaille de l'automne à venir avec des couleurs dans le coeur...