Madame Maya Beauvallet livre un travail intéressant et utile sur les effets pervers des mécanismes d'incitation dans le domaine des actiones civiques ou morales, des services publics, des entreprises et des organisations en général. Elle cite et analyse de nombreux exemples d'incitations désincitatives:
- le fait de payer les dons de sang peut amener un niveau plus faible dans la mesure où les motivations extrinsèques (la compensation monétaire) affaiblissent les motivations intrinsèques (le plaisr retiré d'une action ou la satisfaction de faire une bonen action);
- le même réultat a été observé à propos du stockage des déxchets nucléaires, du bénévolat ou du respect des horaires des crèches par les parents; dans tous ces domaines, les incitations monétaires modestes sont contreproductives et n'améliorent les résultats que si elles sont très fortes ("pay enough or don't pay at all");
- les incitations collectives sont contreproductives si les salariés ne sont pas homogènes ou que le travail n'est pas suffisamment collectif;
- l'instauration d'indicateurs relatifs peut inciter les salariés à dégrader les résultats de leurs collègues plutôt qu'à améliorer le leur;
- les indicateurs subjectifs, par exemple ceux utilisés dans le domaine du patinage artistique, favorisent les comportements moutonniers;
- les indicateurs de performance ont tendance à inciter les salariés à mouler leurs performances dans le cadre des tests sans améliore le moins du monde la réalité;
- la réduction de la matière à traiter est généralement compensée par la recherche d'une augmentation des intervebntions (exemple des césariennes aux Etats-Unis en réaction à la baisse de la natalité);
- la périodicité des tests influe sur le rythme de travail des salariés sans améliorer nécessairement la quantité de travail fournie (exemple des recruteurs de l'US Navy);
- les primes de performance peuvent avoir des effets pervers innombrables (notamment l'augmentation de la rentabilité au détriment de la qualité);
- les mesures de performance conduisent souvent à une manipulation des données fournies pour mesurer a performance;
- bref, en voulant faire mieux, on peut très bien arriver à faire moins bien, si l'on ne prend pas garde aux détails et aux effets indirects des mesures mises en oeuvre.
La démonstration est parfaitement menée en 148 pages bien écrites, agréables à lire et très démonstratives.
Sur le plan de la critique, on peut regretter que les réseaux de distribution qui utilisent de nombreux critères de performance pour inciter leurs distributeurs à vendre plus (primes d'objectifs) ou à rendre un meilleur service (indice qualité, clients mystère) n'aient pas fait l'objet d'une cahpitre de l'ouvrage.
Une conclusion serait également utile, après la prise de connaissance de tous les effets pervers des systèmes d'incitation, sur les modèles d'incitation les plus efficaces pouvant être mis en oeuvre.
Malgré ces deux points qui pourraient encore être améliorés, l'étude est utile et rassemble les travaux les plus éclairants des économistes en la matière et donne une leçon de modestie à tous les dirigeants d'entrepise ou gouvernants dans l'approche de la gestion des organisations dont ils ont la charge. Bien entendu, il ne s'agit pas d'une thèse de sociologie des organisations mais d'un essai destiné à vulgariser un message dont il est important et efficient qu'il soit perçu par le plus grand nombre.